‹ Théâtre complet de Émile Augier (volume 2)Chapitre 74 sur 320 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

UADAMB DE YERLIÈRB.

Je le sais. — Après?

IiANCT.

Puisque vous le savez, je n'ai plus rien à dire.

MADAME DE VERLIÈRE.

Je n*étais pas libre, alors. . Fallait-il que M. de Mauléon sacrifiât toute sa vie à un amour sans espoir? Il n*a pas de fortune ; le mariage fait partie de sa carrière, et je suis bien sûre qu'il n'aurait pas manqué celui dont vous parlez s'il n'y avait pas apporté la nonchalance d'un cœur endolori.

LANCY

A la bonne heure. Vous avez des iudulgences que je ne m'explique guère.

MADAME DE YERLIÈRB.

Et vous, des sévérités que je m'explique trop bien.

LANCY

Je suis suspect de partialité, je l'avoue. Ah! je donnerais gros pour être votre frère ou votre oncle pendant cinq minutes.

MADAME DE YERLIÈRB.

Mais vous ne l'êtes pas.

LANCT.

Aussi je me tais. •;- Adieu, madame; soyez heureuse.

MADAME DE VERLIÈRE.

Et moi, je veux que vous parliez! Que signifient ces rélicences à propos d'un homme que vous connaissez à peine?

LANCY

A peine, mais à fond. J'ai été témoin de son adversaire dans un duel qui s'est arrangé sur le terrain, et je vous prie de croire que ce n'est pas nous qui avons mis les pouces.

MADAME DE YERLIÈRE.

Témoin de M. de Saint-Jean?

LANCY

Vous connaissez aussi cette affaire-là?

MADAME DE VERLIÈRE.

Parfaitement. Tous les torts étaient du côté de M. de Mauléon, mais il n'en voulait pas convenir et c'est moi seule qui ai obtenu de lui qu'il fît des excuses. Ce n'est pas la moindre marque d'amour qu'il m'ait donnée. J'en ai été si touchée, que c^est le moment où j'ai senti la nécessité de l'éloigner. Vous n'êtes pas heureux dans vos attaques, mon pauvre Lancy ; — mais vous avez raison, je le fais attendre. Adieu.

SU tort.

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