‹ Théâtre complet de Émile AugierChapitre 164 sur 291 · ACTE TROISIEME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME

GHrEYIÈYB, s'asseyut près d'olla.

Pourquoi Youlez-Yous me donner le change, Pauline? Je voi$>. tien que tous avez autre chose.

rAULIHB.

Vous êtes une enfant.

GBNBTIÈTB.

Non, je ne suis pas «me enfant, et je vous aime bien. Pourquoi n'avez-yoa« pab confiance en moi? J'ai eu confiance en vous, moi.

PAULIN B, après un silence.

Me jurez-vous, par ce que vous avez de plus sacré, que c« triste secret ne sortira pas de votre cœur?

GENEVlàYB.

f A voQs le jure.

PAULINB.

£h bien... Mais à quoi bon yous affliger de mes chagrins"^ Riez, chantez, c'est de votre àge«

GENEYIÈYB.

Pauline, je vous en supplie.

PAULINB.

Ignorez-le toujours, chère enfant, le supplice d'âtre à charge à ce que vous aimez I

GENEYIÈYB.

Que toulez-vousdire? est-ce que Henri...?

PAULINE

Vont ayez remarqué sa tristesse.. ^

GBNBYIÈYB.

Il ne Yous aimerait plus ?

PAULINB.

Hélas I il ne m'a jamais aimée.

GENEVIÈYB.

Pourquoi vous aurait-il épousée?

PAULINE

Ah ! pourquoi ?. . . Parce qu'il est homme d'honneur. — Épargnez-moi un récit que je ne saurais faire sans rougir... • Geae?ière se 1ère.) Si j'ai été coupable, je l'expie cruellement ! Pauvre Henri ! j'occupe auprès de lui la place d*une antre, et j'en souf[re plus que lui !...

GENEYIÈYE, troaUde.

La place d'une antre ? de qui ?

PAULINE

Je ne la connais pas, et, sans la connaître, je lui demande pardon du bonheur que je lui ai dérobé involontairement. Mais je ne tarderai pas à le lui restituer.

GENEYièYB.

Comment?

PAULINE, f eigntmt le pliu g^rand tronble .

Rien ! — Je n'ai rien dit! je suis folle.. Je me porte aussi

bien que vous... (Se tordant les mains et retombant sar le canapé.) Ahl

je voudrais être morte!

GENEVIÈVE, aUant à elle.

Morte? ma sœur! ma chère sœur ! qu'avez-vons? ^ f '

PAULINE, rentrant en soi.

Rien, vous dis-je... Je ne suis pas plus phthisiqne que

vous. (GenevièTe jette un cri. — Pauline reprend Tirement.) LeS

médecins ne savent ce qu'ils disent! C'est le chagrin qui me ronge et non la maladie. Pas un mot là-dessus à Henri ni à personne, vous l'avez juré. Je compte sur votre parole.

(Generière tombe ea sanglotant rar les genoux d? Paoline. -— A part.) Je ne

m'attendais pas à ce désespoir... Pauvre petite ! — Bah! si elle savait qu'il s'agit d'Olympe, elle rirait. Et tout à l'heure même il se glissera un espoir au milieu de ses larmes, (u

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