ACTE DEUXIÈME
PllAON.
Tu ne m'aimes donc plus?
SAPHO
Je t'aime.
PHAON
Eh bien, nous partirons ensemble.
Tu te tais? — Réponds-moi. — Tu pâlis... ta main tremble! Tu consens à me quitter!
De ton cœur me faut-il douter?
Non, je ne croirai pas que Sapho m'abandonne Le jour où le malheur visite ma maison ;
Se tnnroaat vers Glyc-ère.
Et sous cet abandon... Glycère, je soupçonne Quelque odieuse trahison.
GLYCÈRE
Ingrat! voilà ma récompense!
Et voilà ta façon de mo remercier 1 Je ne descendrai pas à me justifier :
Que Sapho prenne ma défense.
SAPIIO.
Dans ma décision Glycère n'est pour rien, Je suis obligée à le dire.
A part.
mensonge cruel, dont chaque mot déchirp Et son cœur et le mien !
ENSEMBLE
GLYCÈRE
ruse vengeresse !
Phaon croit sa maîtresse Infidèle au malheur.
Et, grâce à mon adresse* Va me rendre son cœur!
U% SÂPIIO.
sàpho.
douleur qui m'oppresse!
Phaon croit ma tendresse Infidèle au malheur!
Il Ta dans sa détresse M'arracher de son cœur.
PHAON
douleur qui m'oppresse!
Je trouve sa tendresse Infidèle au malheur.
Il faut dans ma détresse L'arracher de mon cœurî A^dieu donc! je vous rends votre foi décevante. Et je pars seul pour mon exil.
GLYCÈRE, à Phaoo.
^on, pas seul... si tu veux de moi pour ta servante, Je te suivrai d'un cœur viril.
SAPOO.
Ah! c'en est trop, et puisqu'on me déchire...
PEAON.
Eh bien?. .
GLTCÈRE, à Sapho.
Pas de mots superflus.
Areo intentioD.
Chaque retard le livre à Pittacos.
SAPHO
C'est vrai. Partez, je n'ai rien à vous dire.
PHAON
Et tu prétends m'aimer?
8APH0, avec effort.
Je ne vous aime plus*
4CTE-DEUXIÊMB. 449
PHAON, à Glycère.
Et c'est toi, que j'ai dédaignée, Qui veux suivre ma destinée, T'attacher à mes pas proscrits I
6LTCÈRB.
Oui, Phaon, tu m'as méconnue; Mais je me suis ressouvenue De l'amour et non du mépris.
PHAON, à Sapho.
Vous l'entendez, madame?
A Gljrcère.
Viens avec moi, viens, noble femme*
ENSEMBLE
GLTCiRE, à PhaM.
Viens, fuyons ces lieux; A qui te délaisse, Que ta fierté laisse L'oubli pour adieux.
PHAON, à Glycère.
Viens, fuyons ces lieux; A qui me délaisse.
En partant je laisse L'oubli pour adieux.
SAPHO
Est-ce assez, grands dieux!
Je perds sa tendresse, Et son cœur me laisse L'oubli pour adieux 1
f huon et Glycire lortent ensemble. — Sapho reste anémntit*