‹ Théâtre complet de Émile AugierChapitre 45 sur 291 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

d'Hildesheim parait prédestiné aax aventures romanesques. On connaît le tasltment bizarre du comte Sigismond; on pouvait croire raisonnablement qu'il donnerait lieu à litige et que les héritiers naturels déclareraient la guerre au légataire universel. Bien loin de là, la margrave de Rosenfeld et' le baron de Berghausen sont installés depuis trois semaines chez M. Frantz Milher, et vivent avec lui dans une inti* nité des plus cordiales. Ce miracle est du à rintcr\ention d'un sanglier monstrueux qui s'apprêtait à découdre le baron dans une partie de chasse, quand M. Franti Milher se jeta devant son h6te, lui fit un rempart de son corps et plongea son couteau dans la gorge du monstre, payant ainsi sa dette à la famille du comte Sigismond, » (k Fraatz.) Qu'en dites-vous, mon jeune ami?

FRANTZ

Je diSf monsieur le baron, qu'en tuant ce sangVicr je n'ai sauvé absoliunent que moi. Vous étiez à quinze pas de la bête...

DOROTHÉE, aa baron.

Derrière un petit mur. Je vous ai bien vu du fond de la calèche.

LA MARGRAVE, bas, & Dorothée.

Taisez -vous 1 (Haut.) Ils sont rares, cher baron, les créanciers assez délicats pour nier leur créance.

LE BARON

Très-rares.

FRANTZ

Pas plus que les débiteurs imaginaires, monsieur le baron.

LB BARON

Prenez garde, mon cher! si vous niez si obstinément mon danger, on finira par croire que la peur m'avait troublé l'esprit, et votre délicatesse tournera à ma confusion.

78 LA PIEPftE DE TOUCHE.

FRANTZ

Allons, monsieur le baron, puisque tous le youlez... je TOUS ai sauTé la yie.

FRIÉDÉRIQUE, bas, à Spiegel.

Et ces gens-là n'ont pas un plan?

SPIEG«L, bac.

Bah!

FRANTZ

Mais comment cette fable... je Teux dire cette histoire, est-elle armée jusqu'à Munich?

Je l'ai racontée à quelques gentilshommes du Toisinage, h qui je n'ai pas demandé le secret.

FRÉDÉRIQUE, bas, à SpiegeU

Je jurerais que c'est lui qui a euToyé la note au journal .

SPIEGRL, bas.

A quoi bon?

FRÉDÉRIQUE, bas.

Nous ne le saurons que trop tôt.

LE BARON, à Frantx.

Ah çàl mon jeune ami, je tous présente aujourd'hui chez le feld-maréchal. Il a toute la noblesse des environs à sa Tête; on Ta vous complimenter sur Totre courage ; n'allez pas faire le modeste, au moins, car ce serait à mon détriment.

LA MARGRATK.

Il faut vous résigner à cette OTation.

FRANTZ

Ce sera un triomphe à peu de frais; mais, puisque mon< tieur le baron l'exige; je triompherai*

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