ACTE QUATRIÈME
fiioudc, qu'on peut railler de loin, mais où nul n'est entré sans ea subir le charme. Il en est sorti enivré.
LE BÂROX.
Oh ! il a été le roi de la fête.
LA MARGRAVE
Je Tavais bien prévu; toutes les bizarreries Je sa situation, je testament du comte Sigismond, notre séjour ici, l'histoire du sanglier, tout cela faisait de lui le point de mire d'uae curiosité qu'il a pu prendre pour de l'empressement. Puis il s'est mis au piano, il a joué sa fameuse symphonie, qui a été couverte d'applaudissements polis ; bref, il a pu se croire complètement accepté par l'aristocratie, et il a trouvé tout simple de l'inviter sans façon à venir fêter son contrat.
LE BARON
Ohl il va vite ! Je n'aurais pas osé compter moi-même sur des progrès si rapides.
LA MARGRAVE
Oui, c'est une riche nature. Ses instincts, qui végétaient dans le froid de la pauvreté, ont éclaté tout à coup, comme les fleurs des tropiques, dans la serre chaude de la richesse. Et, à mesure que la température s'élève autour de lui, ses vanités jettent de nouvelles pousses, de nouveaux bourgeons. A peine enrichi, il étalait devant nous toutes les puérilités du faste ; la vue seule de nos armoiries a su£Q pour lui montrer l'infériorité de la fortune ; il n'a fait qu'entrevoir notre monde, et son orgueil n'admet déjà plus qu'on puisse en voir un autre. De là à vouloir la noblesse, il n'7 a qu'un pas, et, une fois de notre caste, je suis tranquille, il n'en prendra (lue les préjugés, mais il les prendra tous.
LE BARON
En attendant, le contrat se signe ce soir.
€e n'est pas fait.
LE BAHOX.
numl II n'est pas douteax que Frantz n'ait pénétré no.%^ projets.
LA HARGRAYE.
Oli! ce n'est pas douteux. Les allusions délicates de M. Spiegel...
LE BARON
Le drôle ! Tout à l'heure en2ore, n'est-il pas venu me prévenir d'un air mystérieux qu'il y avait un huissier dans l'antichambre! J'en ai frissonné, margrave.
Là biargraye.
Il y avait de quoi. Mais, en fin de compte, notre hôte n's pas l'ait la moindre allusion, et, puisqu'il n'a pas rompu la glace, notre position est entière. Le reste me regarde. Vous avez sur vous la lettre du feid-maréchal?
LE BARON
La voici. Il nous donne là, sans s'en douter, un fameux coup d'épaule, grÀce à sa morgue habituelle I
LA HARÇRA.VE.
Quelle lettre!
LE BARON
Il a un peu raison.
Oui, mais la forme !
LE BARON
Elle est féroce, j'en conviens. Que voulec-vous! il écri» avec seQ épée!
LA MARGRAVE
Bt il se bat avec sa plume.