ACTE TROISIÈME
FAR I BOL, prenant son violon.
Plût à Dieu qu'Alexandra le fût!... mais elle est Corse 1...
LÉOPARDIN.
Corse 1 alors, patron, je ne voudrais pas vous faire de peine... mais vous êtes toisél...
FARIBOL.
Moi?... oh! je suis bien tranquille!... pour ce soir du moins.. .j'ai la clef dans ma poche !... (Riant.) Doit-elle raf ger!...
LÉOPARDIN, à part.
Pauvre homme!... s'il savait que sa femme est enfermée avec quatre clercs!... Décidément, je vais lui dire!... (Haut.) Patron !...
FARIBOL.
Quoi?
LÉOPARDIN.
Non, rienl... (a part.) Ça Fempêcherait peut-être de jouer du violon!...
FARIBOL.
Nous allons prendre l'accord... Y êtes-vous?
LÉOPARDIN.
AUez!...
FARIBOL, donnant un la sur son violon.
Voici mon la.
LÉOPARDIN; il donne une note toute différente»
Voici le mien !
FARIBOL.
Mais ce n'est pas un la que vous me faites làl...
C'est le mien... en mineur... c'est un la mineur.
FARIBOL.
Et n,oi, je suis en majeur... Attention, (ii donno le la aux
trois octaves. — Léopardin donne le La des deux premières octaves et pas celui de la troisième. Il secoue sa âùte et la met sous son bras.,
Eh bien... allez doncl...
LÉOPARDIN.
Non!... c'est la note qui m'est défendue par mon médecin.
FARIBOL.
Gomment?
LÉOPARDIN.
A cause de ma gastrite.
FARIBOL.
Eh bien, ça va être gentil!... Voilà un bal qui va être gentil!...
LÉOPARDIN.
La santé avant tout!...
FARIBOL.
Ah! mais un instant!... ça change les conditions!... Je (TOUS donne sept francs, parce qu'il y a sept notes, mais du moment que vous n'en jouez que six... vous n'aurei que six trancs.
C'est rat... mais c'est juste.