‹ Théâtre complet de Eugène Labiche (volume 2)Chapitre 252 sur 327 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

DE JONSAC, bas, à Grandgicourt

Prenez garde !

DE GRANDGICOURT, bas.

Ne faites pas attention... c'est le peintre! (Haut.) Ah! je suis bien curieux de voir la mariée.

ROBERT, de l'autre côté de la scène, à y art. |

Décidément je n'en suis pas 1 '

On la dit jolie.

DE GRANDGICOURT.

Jolie? laissez-moi donc tranquille! je ne la connais pas, mais je la vois d'ici... des mains rouges, des pieds trèsaccentués... et un peu de piano... Le dimanche, ça doit jouer au volant dans la cour !

ROBERT, à part.

Elles vont bien, les relations d'Olivier!

DE JONSAC.

Quelle singulière idée a eue M. de Millancey de se marier un jour de première représentation à TOpéra.

DE GRANDGICOURT.

C'est juste! et un jour de ballet encore!... il n'aura personne à sa soirée... Est-ce que vous irez au repas, chez le nommé Lemardelay? où est ça, Lemardelay?

DE JONSAC.

Rue Richelieu, je crois. Je ne compte pas m'y rendre.

DE GRANDGICOURT.

Ni moi !

ROBERT, à part.

Très-bien! nous aurons de la place!

n sort un instant.

J'ai promis à une dame de la conduire ce soir à l'G péra..-

DE GRANDGICOURT.

Une dame? je sais quil

DE JONSAC.

Je ne crois pas.

DE GRANDGICOURT.

C'est la petite Gascadine.

DE JONSAC.

Oh! non! Gascadine, je ne la sors pas!

DE GRANDGICOURT.

Passion domiciliaire!... de quatre à six-., je connais ça!

DE JONSAC.

Tiens! vous me faites songer que j'ai promis d'envoyer le coupon de ma loge à...

DE GRANDGICOURT.

A qui?

DE JONSAC.

A la dame que vous ne connaissez pas... (s'approchaat de la console et écrivant/ Vous permettez que j'écrive un mot?

DE GRANDGICOURT.

Faites donc... (a Jonsac qui écrit.) Moi, mon cher, j'ai renoncé aux petites liaisons...

Vraiment?

DE GRANDGICOURT.

G'est toujours la même chose... J'en ai par-dessus la tAte... Dans ce moment, je suis amoureux..

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