‹ Théâtre complet de Eugène Labiche (volume 2)Chapitre 35 sur 327 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

HERNANDEZ

Tu le soignes, tu le dorlotes, tu te fais sa garde-m aladel...

MARTIN

Je le soigne ! (D'une voix sourde.) Ne faut-il pas qu'il arrive ù la Handecken bon état, le condamné?

HERNANDEZ

Seras-tu ferme jusqu'au bout?

MARTIN

Moi? ahl tu ne me connais pas! Je voudrais déjà le tenir au bord du trou! et le pousser!... et lui jeter des rochers sur la tête! tiens!... en voilà encore! Est-ce de la limonade, ça?

HERNANDEZ

A la bonne heure I

MARTIN

Si tu savais ce que je souffre dans ce voyage... je me contiens, je me concentre pour ne pas éclater... Tantôt, c'est un signe d'intelligence, un regard que je surprends...

HERNANDEZ

A Mâcon, ils se sont fait de l'œil. Je l'ai vu!... Dieu te garde !

MARTIN

A Mâcon... je sais pourquoi... Il est descendu un monsieur qui avait du blanc à son habit, et alors Loïsa a regardé Agénor en souriant.

HERNANDEZ, farieux •

Valgame Bios!

MARTIN, de mêms.

Caramba! Plus fort que ça! l'avant-dernière nuit...

dans le wagon... Loïsa s'est trompée de pied; son brodequin est venu caresser ma bottine.

HERNANDEZ, exaspéré.

Et tu n'as pas étranglé ton rival?

MARTIN

J'ai été plus fin... j'ai rendu pression pour pression. .. pour voir jusqu'où ça irait.

HERNANDEZ

Et jusqu'où ça a-t-il été?

MARTIN

Le lampiste a allumé et elle a retiré son pied.

HERNANDEZ, poussant un soupir de soulagement.

Dieu garde le lampiste 1

MARTIN

Et tu me demandes si je serai ferme jusqu'au bout ? Sois tranquille, ma haine le couve 1

HERNANDEZ

Tu le dorlotes trop I

Quand un homme est condamné à mort, on lui accorde toutes ses fantaisies, du poulet, du tabac, de l'eau-de vie...

HERNANDEZ

Je trouve ça bête.

MARTIN

C'est l'usage chez les nations civilisées. Dans ce mooient, c'est du laudanum qu'il lui faut.

HERNANDEZ

Et du calme, du silence, a dit le médecin

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