ACTE PREMIER. f
MARTIN
Si je ne peux pluf; recevoir ma famille I
PIONCEUI.
Pas tous lesjoLœs, saprelottel
MARTIN
Est-ce toi qui payes?
PIONCEUX.
Non, mais c'est moi qui nettoie l'argenterie, et ce monsieur change de fourchette à chaque plat. Les sauvages, ça devrait manger avec les doigts I
C'est un grand seigneur, ce sauvage-là, monsieur Pionceuxl... Je suis fier d'être de sa race, et je vous prie d'être avec lui de la plus obséquieuse politesse... dans votre intérêt même, car je vous préviens que sa botte est un peu nerveuse.
PIONCEUÏ.
Et ce n'est pas vous qui me défendriez... Je ne suis pas de votre race.
MARTIN
Tu n'es d'aucune race, idiot I fiche-moi le camp.
PIONCEUX.
Bien, bien! reniez-moi! reniez le sein qui nous a nourris!
Il sort par le fond en emportant le plateau de la bière. MARTIN.
Cette brute-là me rendra fou ! (Pendant qu'Agénor donne 1®*
eartes.) Tu dîues avcc nous ce soir?
AGÉNOR, sèchement.
Non.
MARTIN-
Pourquoi non?
AGÉNOR
Tu n'as pas besoin de moi... Tu as ton fameux cousin.
Ça t'offusque, que je l'invite?
AGÉNOR
Moi? pas du tout. Qu'est-ce que ça me fait? Adopte-le. ton cousin ! Tu es bien libre !
MARTIN
Agénor, tu me fais de la peine.
AGÉNOR
Tu lâches les vieux amis pour les nouveaux, c'est naturel! Tout nouveau, tout beau 1
MARTIN
Agénor, vous êtes injuste.
AGÉNOR
Tiens, veux- tu que je te dise? il te fait poser, ton cacique; il te pousse des blagues grosses comme des maisons.
MARTIN
Lesquelles?
AGÉNOR
Tu crois, par exemple, qu'il a épousé une reine?
MARTIN
Une reine des Peaux-Rouges, j'en suis sûr. J'en ai la preuve... J'ai vu le serpent!
AGÉNOR
Quel serpent?