‹ Théâtre complet de Eugène Labiche (volume 2)Chapitre 8 sur 327 · ACTE PREMIER. f · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER. f

MARTIN

Si je ne peux pluf; recevoir ma famille I

PIONCEUI.

Pas tous lesjoLœs, saprelottel

MARTIN

Est-ce toi qui payes?

PIONCEUX.

Non, mais c'est moi qui nettoie l'argenterie, et ce monsieur change de fourchette à chaque plat. Les sauvages, ça devrait manger avec les doigts I

C'est un grand seigneur, ce sauvage-là, monsieur Pionceuxl... Je suis fier d'être de sa race, et je vous prie d'être avec lui de la plus obséquieuse politesse... dans votre intérêt même, car je vous préviens que sa botte est un peu nerveuse.

PIONCEUÏ.

Et ce n'est pas vous qui me défendriez... Je ne suis pas de votre race.

MARTIN

Tu n'es d'aucune race, idiot I fiche-moi le camp.

PIONCEUX.

Bien, bien! reniez-moi! reniez le sein qui nous a nourris!

Il sort par le fond en emportant le plateau de la bière. MARTIN.

Cette brute-là me rendra fou ! (Pendant qu'Agénor donne 1®*

eartes.) Tu dîues avcc nous ce soir?

AGÉNOR, sèchement.

Non.

MARTIN-

Pourquoi non?

AGÉNOR

Tu n'as pas besoin de moi... Tu as ton fameux cousin.

Ça t'offusque, que je l'invite?

AGÉNOR

Moi? pas du tout. Qu'est-ce que ça me fait? Adopte-le. ton cousin ! Tu es bien libre !

MARTIN

Agénor, tu me fais de la peine.

AGÉNOR

Tu lâches les vieux amis pour les nouveaux, c'est naturel! Tout nouveau, tout beau 1

MARTIN

Agénor, vous êtes injuste.

AGÉNOR

Tiens, veux- tu que je te dise? il te fait poser, ton cacique; il te pousse des blagues grosses comme des maisons.

MARTIN

Lesquelles?

AGÉNOR

Tu crois, par exemple, qu'il a épousé une reine?

MARTIN

Une reine des Peaux-Rouges, j'en suis sûr. J'en ai la preuve... J'ai vu le serpent!

AGÉNOR

Quel serpent?

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