‹ Théâtre complet de Eugène Labiche (volume 3)Chapitre 174 sur 348 · ACTE DEUXIÈME. 25T · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME. 25T

BLANDINET.

Hein?

TIBURCB.

Ohl mais elle n'a jamais voulu m'écouter...

BLANDINET.

Je l'espère bien! Après ça, tu ne me le dirais pas... Donne-moi ta parole d'honneur.

TIBURCE

Ma parole d'honneur.

BLANDINET.

Merci, (a part.) Ça ne prouve rien.

TIBURCE

Un jour môme, dans l'escalier, elle m'a donné im soufflet... sur chaque joue...

BLANDINET, satisfait.

Ah! c'est bien, ça... c'est très-bien... (a part.) si c'est vrai!... (Par réflexion.) Mais qu'est-ce que tu lui avais dit pour qu'elle se soit portée à une pareille extrémité... dans un escalier?

TIBURCE

Oh! pas grand' chose

BLANDINET.

Mais quoi?

Vous savez... on veut plaisanter. (Avec feu.) Mais je n'a? pas tardé à reconnaître ma faute... mon crime... je me suis méprisé... oui, mon oncle, je me suis méprisé.

BLANDINET.

A la bonne heure!... il faut continuer.

TIBURCB, i part.

Il s'adoucit... (Haut.) Alors, pour m'étourdir... pour faire diversion à cette passion criminelle... je me suis jeté dans le désordre.

BLARDINET.

BienI

TIBURCB.

Dans la dissipation...

BLÀNDINET.

Ohl très-bien 1

TIBURCE

J'ai aimé une autre femme...

BLANDINET.

Parfait! il faut continuer.

TIBURCE, d'ane voix attendrie.

Une pauvre jeune fille.... une fille du peuple..

BLA.NDINBT

Ça m'est égal!

TIBURCB.

Que je suis obligé de soutenir... de mon travaU, de mes

veilles... de mes sueurs...

BLANDINET, lui aerrant la main.

Donne-moi la main, courageux enfant 1

TIBURCE

C'est une ouvrière dont le père est aveugle..

BLANDINET, ea déflanc».

Ail!

TIBURCI.

£t la mère...

Paralysée ?

Des deux mains î

Oui...

4CTK DEUXIÈME. 259

BLANDINET.

TIBURCl.

BI.ANDINK'r,

TrBURCE.

Naturellement ces sacrifices ont épuisé mon petit pécule et je venais vous demander... si c'était un effet de votre bonté... de me prêter vingt... ou vingt-cinq louis... vous dont l'âme est si généreuse...

BLANDINET, regardant autour de lui.

ChutI (Tiburce tout joyeux tend la main.) NOU, c'cst inutHôî

(DHin ton confidentiel.) Mon ami... je la connaîs, ceUe-là... A toi de tout cœur.

TIBURCE

Le mot de papa... Comment... vous me refusez I

BLANDINET.

Considérablement I

TIBURCE

Ahl vous n'êtes plus l'oncle Blamdinet... vous vous êtes frotté contre papal... Adieu!...

BLANDINET.

Où vas-tu?

TIBURCE

Au café Lemblin! le sort en est jeté.

Il sort par le fond.

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