ACTE PREMIER
MADAME MALINGEAl.
Oh! un tapissier!
MALINGEAR.
C 'est comme ce grand escogriffe en livrée...
Comment! tu ne l'as pas reconnu?
MALINGEAR.
Non.
MADAME MALINGEAR.
C'est le chasseur du premier.
MALINGEAR, s'oubliant.
Il est superbe! (changeant de ton.) Mais tu vas me rendre la fable de la maison! Il bavardera, c'est inévitable!
MADAME MALINGEAR.
Il fallait bien quelqu'un pour porter la lettre de la duchesse...
MALINGEAR.
Ça, pour la lettre de la duchesse, je ne dis rien: c'est gentil, c'est bien trouvé... surtout la fin, lepost-scriptum.,.
MADAME MALINGEAR.
« Méchant docteur... »
MALINGEAR.
« Vous ne voulez donc pas être... »
MADAME MALINGEAR.
« De l'Académie?... » Quelle figure faisait M. Ratinois?
MALI>GEAR.
Il esî resté épaté... Tu ne sais pas... il a regardé ma chaîne.
MADAME MALINGEAR.
Ah! je te dis qu'ils sont sortis éblouis... charmés. . . tous les deux.
MALINGEAR.
Tu crois?
MADAME MALINGEAR.
Et demain... pas plus tard que demain... nous entendrons parler d'eux.
MALINGEAU, apercevant sa fille qui entre.
Chut! EmmeMneî
EMMELINE
Maman, il n'y a plus de sucre râpé.
MADAME MALINGEAR.
Voilà la clef de l'office.
MALINGEAR, à Emraeline, qui se dispose à sortir.
Eh bien, tu ne m'embrasses pas?... (L'embrassant.) Chère petite!... Ton père viont de se donner bien du mal pour toi:
EMMELTNE.
Quoi donc?
MALINGEAR.
On ne peut pas le dire... ne le répète pas... c'est un secret.
EMMELINE
Sois tranquille, (a part.) Il s'agit de mariage. (Haut.) Oh 1 je ne te le demande pasi Approche donc... il y a à ta redingote un bouton qui ne tient pas.
MALISGEAR.
Veux-tu me ie recoudre?