ACTE DEUXIÈME
RATINOIS.
Ça prouve que ces gens-là sont trop élevés pour nous, U y a là dedans un train de maison...
FRÉDÉRIC
Mais je n'ai pas remarqué...
RATINOIS.
Je crois bien... un amoureux I Tu n'as vu que la petite... Mais, moi, j'ai tu le chasseur: un homme de sept à huit pieds 1
FRÉDÉRIC
Ahl par exemple!...
Sept à huit pieds I... Rien n'échappe à l'œil clairvoyant d'un père.
MADAME RATINOIS.
Et la demoiselle prend des leçons de Duprez ! . . .
RATINOIS.
Elle en aie moyen I... Quand on possède un papa qui reçoit quatre mille francs d'un coup... je les ai comptés... et qui les met tranquillement dans sa poche comme si c'était son étui à lunettes.
FRÉDÉRIC
Ce n'est pas une raison...
RATINOIS.
Mais sais-tu ce que c'est que cet homme-là... ,dont tu
brigues la fille?...
f'RÉDÉRIC.
C'est un médecin.
RATINOIS.
Oui, un médecin... qui n'aurait qu'un mot à dire pour
être de l'Académie des scieDces... S'il voulait dire un mot... crac! il en serait. Et sa chaîne... As-tu remarqué sa chaîne?.-.
FRÉDÉRIC
Non.
Il n'a rien remarqué!... Et tu veux qu'un pareil personnage ciille s'aUier avec le fils d'un ancien confiseur?...
MADAME RATINOIS, se levant.
Quelle rage avez-vous de dire toujours que vous avez été confiseur?...
RATINOIS.
Je n'en rougis pas... Je n'en parle à personne... mais je n'en rougis pas.
MADAME RATINOIS.
Mon pauvre enfant ! je crois qu'il ne faut plus songer è. ce mariage.
FRÉDÉRIC
Maison n'a pas refusé, maman... Vous interprétez le silence...
RATINOIS.
Le silence des grands est la leçon des petits 1 (changeant de ton.) IN oublie pas les portes et fen<*!tres.
FRÉDÉRIC
Quand je suis allé rendre ma visite le lendemain de la demande, M. Malingear a été très-aimable : il m'a donné defc conseils pour ma carrière... 11 m'a engagé à plaider les expropriations.
RATINOIS.
Bonne branche... très-bonne brancbel