ACTE DEUXIÈME
PERRIGHON.
Sur le bord du précipice, je lui tends mon bâton ferré... il s'y cramponne. Je tire... il tire... nous tjrons, et, après une lutte insensée, je l'arrache au néant et je le ramène à \a face du soleil, notre père à tous!...
II s'essuie le front avec son mouchoir. HENRIETTE.
Oh ! papa!
MADAME PERRICHON
Mon ami !
PERRICHON, embrassant sa feiiinic et sa lille.
Oui, mes entants, c'est une belle page...
ARMAND, à Daniel.
Comment vous trouvez-vous?
DANIEL, bas.
Très-bien ! ne vous inquiétez pas ! (ii se lève.) Monsieur Perrichon, vous venez de rendre un fils à sa mère...
PERRICHON, iiiajeslueusemejit.
C'est vrai !
DANIEL
Un frère à sa sœur !
PERRICHON
Et un homme à la société.
Les paroles sont impuissantes pour reconnaître un tel
service.
PERRICHON
C'est vrai !
DANIEL
11 n'y a que le cœur... entendez-vous, le cœur !
PERRICHON
Monsieur Daniel I Non, laissez-moi vous appeler Daniel
DAXIEL.
Gomment donc! (a part.) Chacun son tour!
PERRirnON, ému.
Daniel, mon ami, mon enfant!... votre main, (niai preoj .A main.) Je vous dois les plus douces émotions de ma vie... Sans moi, vous ne seriez qu'une masse informe et repoussante, ensevelie sous les frimas... Vous me devez tout, tout! (Avec aobiesâe.) Je ne l'oublicrai jamais I
DANIEL
Ni moi 1
PERRICHON, à Armaud, en s'essuyant les yeux.
Alil jeune homme!... vous ne savez pas le plaisir qu'on éprouve à sauver son semblable.
HEMIIETTE.
Mais, papa, monsieur le sait bien, puisque tantôt...
PERRICHON, sa rappelant.
Ah! oui, c'est juste! — Monsieur l'aubergiste, aj^p . -/ moi le hvre des voyageurs.
MADAME PERRICHON
Pour quoi faire?
PERRICHON
Avant de quitter ces lieux, je désire consacrer par une note le souvenir de cet événement!
l'aubergiste, apportant le rei,'islra
Voilà, monsieur.
PERRICHON
Merci... Tiens, qui est-ce qui a écrit çà?