SCÈNE QUATRIÈME. lî
CÉCILE, se levant.
Oui VOUS avait fait acquitter !
BEAUDÉDUIT.
Je me moque pas mal d'être acquitté I II accepte mon cartel, et nous voilà sur le terrain.
BÉCAMEL, à part.
Un duel à présent! (a Cyprien.) Pourquoi as-tu laissé Biitrer cet homme-là?... je ne le connais pas!
CYPRIEN
Laissez-le. . . il m'amuse. . .
BEAUDÉDUIT; se mettant sous les armes.
On nous place...
Mais, monsieur!...
BEAUDÉDUIT.
Nous croisons le fer... mon adversaire fait un mouvement... et je lui plonge mon épée...
CÉCILE, effrayée.
Oh ! mon Dieu !
BÉCAMEL.
Dans le cœur!
BEAUDÉDUIT.
Non... dans le gras!... il s'était retourné. Et voilà!.., voilà toute la vérité ! — Il ne me reste plus qu'à vous présenter mes adieux... (n 6te son chapeau pour saluer Cécile.) Mademoiselle... (Voyant que Bécamel n'ôte pas sa casquette, il remet son chapeau et le salue de la main,) Monsieur...
Il remonte et sort par le fond.
BÉCAMEL, à part.
.Vil çà! qu'est-ce qu'il est venu faire ici? (Rappelant Béas»
déduit.) Pardon, monsieur (Beaudéduit reparaît.), VOUS venez de Paris...
BEAUDÉDUIT, redescendant un peu.
A cheval!...
BÉCAMEL.
Oui... vous me racontez vos procès, vos duels... pour quoi faire?
BEAUDÉDUIT, redescendant tout à fait.
Comment! pour quoi faire? Ah! sapristi! vous avez Faison ! . .. j'ai oublié un détail ! . . . Mou adversaire I. . . l'avocat qui s'est retourné...
BÉCAMEL.
Eh bien?
BEAUDÉDUIT, gaiement.
C'est votre gendre! c'est Savoyart!
BÉCAMEL, CYPRIEN et CÉCILE.
Ah'i mon Dieu!
BÉCAMEL.
Et VOUS osez vous présenter ici tout couvert de son sang!
BEAUDÉDUIT, après avoir regardé son hal)it.
Réjouissez-vous... il sera sur pied dans trois mois...
CÉCILE et BÉCAMEL.
Trois mois!
BEAUDÉDUIT, avec solennité.
Alors, je lui ai demandé quelles étaient ses dernières volontés... il m'a prié démonter achevai, attendu que cela lui était impossible... dans ce moment, et de venir vous faire part de son douloureux... bobo.