SCENE XIV
BEAUDEDUIT, BÉGAMEL, G Y PRI EN, entrant parle fond.
CYPRIEN, apportantes qu'il faut pour écrire.
Voilà, monsieur, (a part.) Tiens ! ils sont en chemise !
Il ôte aussi sa veste, pendant que Bécarael va poser l'encrier et le papier sur le guéridon à droite.
BÉCAMEL.
Voyons, monsieur, finissons-en... prenez la plumej
Il la lui présente.
BEAUDEDUIT.
Volontiers. (Allant au guéridon.) Vous le voyez, je fais toutes les concessions...
BÉCAMEL, venant de l'autre côté du guéridon.
Écrivez... (a part.) Diable de courant d'air... ça vous tombe sur les épaules.
Il remet son habit.
BEAUDEDUIT, assis.
Je suis à vos ordres... (Apercevant Bécarael qui remet soa
habit. — A part.) Ah! il parait que nous nous rhabillons.
Il se lève et endosse son habit.
CYPRIEN, à part.
Qu'est-ce qu'ils font là?
BÉCAMEL, à Beap^éduit.
Âhl VOUS aviez froid.
BEAUDÉDUIT.
Non, monsieur, j'ai chaud.
Il se rassied. — Cyprien remet sa veste. BÉCAMEL, venant s'asseoir de l'autre côté du guéridon et écrivant.
Nous disons que votre apport est de vingt-deux mille cinq cents francs de revenu?
BEAUDÉDUIT.
Cinq cent vingt-trois francs... Oui, monsieur.
BÉCAMEL.
Vous n'avez pas autre chose?
BEAUDÉDUIT.
J'ai soixante-deux francs dans ma poche. . . et neuf sous dans mon secrétaire.
Bécamel pousse un soupir d'impatience; Beaadéduit de même. BÉCAMEL.
Moi. je constitue en dot à ma fille une ferme d'un revenu de trente mille francs.
BEAUDÉDUIT.
Trente mille francs! monsieur, je vous arrête là.
Quoi?
BEAUDÉDUIT.
J'apporte vingt-deux mille cinq cent vingt-trois francs! je ne peux pas accepter un rouge liard de plus !
BÉCAMEL.
Comment !
BEAUDÉDUIT, avec force.
Je ne le peux pas! je... ne... le... peux... pa^I
SGÊNE QUATORZIÈME. 193
BÉCAMEL, se monti\nt.
Ah! c'est trop fort ! je n'ai pas le droit de doter ma fille comme je l'entends!
BEAUDÉDUIT, se montant.
Non, monsieur!
BECAMEL, criant.
Si, monsieur!
PvA-UDÉDUIT.
Non, monsieur!..-.
BÉCAMEL.
Si, monsieur!...
îl se lève CYPRIEN, bas, à Beaudéduit, en venant derrière le guéridon.
Que vous êtes bête! prenez donc toujours.
BEAUDÉDUIT, se levant.
Domestique! (a Bécamei.) Monsieur, je ferai toutes les concessions... mais un sou de plus, je le donne aux Polonais !
BÉCAMEL, avec rage.
Non! non! ce n'est pas un gendre, cet homme-là... C'est un porc-épic!
BEAUDÉDUIT, furieux.
Qu'est-ce qu'il a dit? (a Cyprien.) Qu'est-ce qu'il a dit?
CYPRIEN, riant,
Il dit que vous êtes un porc-épic !
BEAUDÉDUIT.
Insolent I
Il lui donne un soufflet.
Aïe 1
BÉCAMEL.
C'est trop fort!
CYPRIEN, se tenant la joug.
Oh! oui, c'est trop fort!...
ENSEMBLE
AIR : Tu resteras, maraud.
BÉCAMEL. BEAUDÉDUIT.
Cet excès de fureur Impudent serviteur!
Me frappe de stupeur! Oui, raalgré mon humeur
Quel hideux caractère! Facile et débonnaire,
J'étouffe de colère! J'étouffe de colère!
Je n'écoute plus rien! Je n'écoute plus rien!
Brisons cet entretien! Brisons cet entretien!
CYPRIEN
Cet excès de fureur Me frappe de stupeur I Quel hideux caractère!
Ç^ous n'iaisserez pas, j'espère, Souffleter comme im chien Votre bon Cyprien!