SCÈNE QUATRIÈME
GAUDRION.
Je vous dis qu elle est laide!
Mais...
GAUDRION.
Silence ! . . . ou je donne congé !
MADAME MÉNACHET.
Elle est affreuse... la!... D'abord, vous, toutes les femmes vous déplaisent... vous les détestez!...
GAUDRION.
Avec amour!
MADAME MÉNACHET.
Et ça, parce que, dans les temps, vous avez eu des désagréments avec une péronnelle.
GAUDRION.
Ne parlons pas de ça!... ou plutôt, si, parlons-en!... ça me fait plaisir... ça m'agace... ça me remonte!... je l'aimais, celle-là!... J'allais l'épouser... imbécile! quand, un jour, j'ai la preuve qu'un autre... un nommé Adrien...
MADAME MÉNACHET.
Connu... vous m'avez déjà conté!...
GAUDRION.
Oui... je l'ai plantée là... net, sans explications... et je ne l'ai pas revue... je ne sais pas ce qu'elle est devenue... on m'a dit qu'elle était défunte... c'est bon, on ne lui en veut plus... mais à celles qui vivent!... à celles-là!... je leur ai juré une haine. . d'Abd-el-Kader!... voilai
MADAME MÉNACHET.
Mais, monsieurl...
in. IS
>226 FRISETTK.
GAUDRION.
Silence ! ou je donne congé !
MADAME MÉNACHET.
Ah ! par exemple !
ENSEMBLE
AIR : Taime le tapage. (Loïsa Puget.^
C'est de l'injustice, abîmer ainsi notre sexe!
Est-c' permis?
Moi, j'en suis.
Et cela me vexe!
A vingt ans, dit- on, J' n'avais pas 1' menton
Circonflexe, Et d' la femm', croyez-moi, J' tiens encor l'emploi !
GAUDRION.
Je me crois en droit d'abîmer ainsi votre sexe î
C'est permis.
Et tant pis Si cela vous vexe.
Vous femme? allons donc!
Avec ce menton
Circonflexe, Hâtez-vous, croyez-moi, D'abdiquer l'emploi!
Madame Ménachet sort par le fond.