SCENE HUITIEME
FRISETTE, à part.
Ah çà! mais, je crois qu'il me parle!... (Haut.) Monsieur, je désire ne pas lier conversation avec vous.
GÂUDRION.
Rassui-ez-vous, jeune bergerette... on s'empressera d'y correspondre... Tiens!... je vais fumer une pipe!
FRISETTE.
Comment !
GAUDRION, allumant un morceau d'amadou chimique.
Ça charme l'ennui... je vais fumer jusqu'à midi... Vouf permettez?...
FRISETTE.
IMais non, monsieur!
GAUDRION, allumant sa pipe.
Merci !
Il fuma.
FRISETTE, toussant
Hum! hum!... pouah!
Elle ouvre la fenêtre de gauche avec colère. GAUDRION.
Ah! mais non!... permettez... on gèle ici!... Fenêtre, s'il vous plaît!
FRISETTE.
Éteignez votre pipe !
GAUDRION.
Non!
FRISETTE.
ie laisse la fenêtre ouverte l
236 FRISETTE.
GAUDRION.
Allons, c'est bon!... on s'éteint!... (ii pose sa pipe, a part.) Chipie!... et dire qu'il y a des gens qui confectionnent des vomances en faveur de ce sexe ! (ii fredonne son couplet.)
Détestons, Maudissons Les femmes Et leurs trames !
(Frisette retourne sa chaise de façon à lui tourner le dos. — A
part.) Elle est vexée...
Il continue à fredonner.
FRISETTE, fredonne de son côté.
Malbrouk s'en va-t-en guerre...
A un certain moment Gaudrion se laisse entraîner à fredonner aussi Malbrouhf et se reprend vivement.
GAUDRION,
C'est égal! elle chante... jaune... (Haut.) Brrr! il ne fait pas chaud ici!... une idée!... si je me recouchais!... Bah!... je me recouche!...
Il se lève.
FRISETTE, se levant.
Sur mon lit !
GAUDRION.
Vous pourriez dire le nôtre, charmante Elvire!...
Il fait mine d'ôter sa vestÇo FRISETTE.
Mais, monsieur!...
GAUDRION.
Ahl c'est juste... j'oubliais.,. Vous attendez peut-êtro quelqu'un... un amoureux...