SCÈNE QUATORZIÈME
BERNARD
A votre femme, que j'aime sincèrement.
CARBONNEL
Colonel!
BERNARD
Vous n'êtes pas jaloux, j'espère?
Il remonte près de la cheminée, en lui tournant le doSa CARBONNEL.
Non!... mais j'y vois clair!... j'y vois très-clair i...
BERNARD
Je ne vous ai jamais dit le contraire.
CARBONNEL, remontant.
Et j'ai remarqué qu'un monsieur se permettait de faire la cour à ma femme...
BERNARD
Un de vos amis?
CARBONNEL
Vous penserez sans doute, comme moi, qu'il est inutile de le nommer?
BERNARD
Oh! pardon î... j'ai été indiscret!
Il s'assied près de la cheminée.
CARBONNEL
Ce... ce moi^ieur!... je ne le qualifierai pas autrement... ce monsieur adresse à Élisa des bouquets... et des lettres brûlantes... (Appuyant.) qu'on jette au feu!
BERNARD, riant.
Alors, elles sont d'autant plus brûlantes!
CARBONNEL, à part.
Hein? il fait des jeux de mots, je crois ! (Haut.) Bien plus, il s'introduit chez moi, ce...
BERNARD
Ce monsieur ! c'est convenu !
CARBONNEL
n s'y établit, il s'y impose, il s'y carre dans les fauteuils, et, dans ce moment, je cherclie à m'en débarrasser... vous comprenez?
BERNARD, se levant.
Parfaitement!... Eh bien, moi, à votre place, Carbonnel, j'aurais confiance en ma femme... je dormirais sur les deux oreilles.
CARBONNEL
Vraiment? (a part.) Il va me conseiller de fermer les yeux.
BERNARD
Ou plutôt faites mieux.*., vous m'invitez à diner...
CARBONNEL
Moi?
BERNARD
accepte, sans façon... c'est aujourd'hui votre jour... ce monsieur se présentera sans doute... je le verrai, je lui parlerai...
CARBONNEL, à part.
Ah v-â! il ne veut pas comprendre!... (Haut.) Cjftlonel, la patience a des bornes!...
Allons, du calme, Carbonnel, du calme!... je monte Yoir votre appartement..
Permettez...
Non, restez I