SCÈNE SEIZIÈME
FOURCHEYIF.
Oh! pour des merlettes... entre voisins!
LAMBERT, allant à la table.
Nous allons répondre à ce petit monsieur... écrivez,
fOURCHEYIF.
Moi?
LAMBERT
Oui... mettez-vous là.
FOURCHE VIF, s'asseyant à la table.
De la modération, je vous en prie... C'est un de mes électeurs les plus...
LAMBERT, dictant.
a Monsieur le comte... vous avez pris mes merlettes... grattez-les! »
FOURCHEYIF, écrivant.
« Grattez-les! » c'est bien raide!
LAMBERT
Signez!
FOURCHEYIF.
C'est égal... elle est un peu sèche, ma... votre lettre.
LAMBERT, mettant la lettre sous enveloppe.
Je Tespère bien!.... Vous voilà probablement avec une affaire sur les bras, mais l'honneur est sauf !
FOURCHEYIF.
Une affaire ? quelle affaire ?
LAMBERT
Ces petits nobliaux sont susceptibles... je les connais... Il est présumable que M. de la Brossinière ne grattera pas... et qu'il vous enverra ses témoins.
FOURCHEVIF, se levant.
Un duel ? mais je ne me bats pas, moi !
LAMBERT
Vous y serez forcé !... Il vous insultera!
FODRCHEYIF.
S'il m'insulte, je déposerai ma plainte entre les mains du procureur impérial!
LAMBERT
Un procès ! quand vous avez une épée !
FOURCHEVIF.
Une épée ! Où diable voyez-vous une épée ?
LAMBERT
Celle des Fourclievif !
FOURCHEVIF.
Je n'ai pas acheté meublé !
LAMBERT
Vous vous battrez !
FOURCHEVIF.
Je ne me battrai pas ! Plutôt mourir !
LAMBERT, froidement.
Soit, monsieur... mais vous trouverez bon que je reprenne un nom que vous ne savez pas porter.
FOURCHEVIF.
Un instant, mon ami !
LAMBERT, froidement.
Cette lettre à son adresse, ou je reprends mon nom. Je TOUS salue... (a part, riant.) Pauvre bonhomme!
Il entre dans la chambre à gaiicn©
ECÉNE DIX-SEPTIÈMË. 431
FOURCHEYIF, seul.
S'il croit que j'ai em'ie de me faire embrocher pour des merlettes 1
SGÈiNE XVII.
LA BARONNE, FOURCHEYIF.
LA BARONNE, entrant.
Jai' entendu des cris... Qu'y a-t-il?
FOURCHEVIF.
Il est enragé ! il veut que je me batte en duel.
LA BARONNE
Un duel ! Ah !
FOURCHEVIF, l'assistant.
Mais ne t'effraie donc pas... il n'y a pas de danger ! Je ne me battrai pas !
LA BARONNE
Tu me le jures, n'est-ce pas?
FOURCHEVIF.
Oui! je te le jure sur... sur la tête de mes ancêtres I....
(Se reprenant.) de SCS aucêtres !
LA BARONNE
Oh ! merci ! . . . C'est bien, ce que tu fais làl
FOURCHEVIF.
Oui, mais nous sommes perdus !
FOURCHEYIF.
Si je ne me bats pas... et je l'ai juré!,., il reprend son nom !
LA BARONNE
Ali : mon Dieu !
FOURCHEYîr.
Et il faut redevenir Potard !
LA BARONNF
Jamais !... jamais!
Ils s'asseyent à la ia^Ie.