‹ Theatre complet de Eugene Labiche (volume 4)Chapitre 309 sur 364 · SCÈNE SEIZIÈME · texte numérisé non relu

SCÈNE SEIZIÈME

FOURCHEYIF.

Oh! pour des merlettes... entre voisins!

LAMBERT, allant à la table.

Nous allons répondre à ce petit monsieur... écrivez,

fOURCHEYIF.

Moi?

LAMBERT

Oui... mettez-vous là.

FOURCHE VIF, s'asseyant à la table.

De la modération, je vous en prie... C'est un de mes électeurs les plus...

LAMBERT, dictant.

a Monsieur le comte... vous avez pris mes merlettes... grattez-les! »

FOURCHEYIF, écrivant.

« Grattez-les! » c'est bien raide!

LAMBERT

Signez!

FOURCHEYIF.

C'est égal... elle est un peu sèche, ma... votre lettre.

LAMBERT, mettant la lettre sous enveloppe.

Je Tespère bien!.... Vous voilà probablement avec une affaire sur les bras, mais l'honneur est sauf !

FOURCHEYIF.

Une affaire ? quelle affaire ?

LAMBERT

Ces petits nobliaux sont susceptibles... je les connais... Il est présumable que M. de la Brossinière ne grattera pas... et qu'il vous enverra ses témoins.

FOURCHEVIF, se levant.

Un duel ? mais je ne me bats pas, moi !

LAMBERT

Vous y serez forcé !... Il vous insultera!

FODRCHEYIF.

S'il m'insulte, je déposerai ma plainte entre les mains du procureur impérial!

LAMBERT

Un procès ! quand vous avez une épée !

FOURCHEVIF.

Une épée ! Où diable voyez-vous une épée ?

LAMBERT

Celle des Fourclievif !

FOURCHEVIF.

Je n'ai pas acheté meublé !

LAMBERT

Vous vous battrez !

FOURCHEVIF.

Je ne me battrai pas ! Plutôt mourir !

LAMBERT, froidement.

Soit, monsieur... mais vous trouverez bon que je reprenne un nom que vous ne savez pas porter.

FOURCHEVIF.

Un instant, mon ami !

LAMBERT, froidement.

Cette lettre à son adresse, ou je reprends mon nom. Je TOUS salue... (a part, riant.) Pauvre bonhomme!

Il entre dans la chambre à gaiicn©

ECÉNE DIX-SEPTIÈMË. 431

FOURCHEYIF, seul.

S'il croit que j'ai em'ie de me faire embrocher pour des merlettes 1

SGÈiNE XVII.

LA BARONNE, FOURCHEYIF.

LA BARONNE, entrant.

Jai' entendu des cris... Qu'y a-t-il?

FOURCHEVIF.

Il est enragé ! il veut que je me batte en duel.

LA BARONNE

Un duel ! Ah !

FOURCHEVIF, l'assistant.

Mais ne t'effraie donc pas... il n'y a pas de danger ! Je ne me battrai pas !

LA BARONNE

Tu me le jures, n'est-ce pas?

FOURCHEVIF.

Oui! je te le jure sur... sur la tête de mes ancêtres I....

(Se reprenant.) de SCS aucêtres !

LA BARONNE

Oh ! merci ! . . . C'est bien, ce que tu fais làl

FOURCHEVIF.

Oui, mais nous sommes perdus !

FOURCHEYIF.

Si je ne me bats pas... et je l'ai juré!,., il reprend son nom !

LA BARONNE

Ali : mon Dieu !

FOURCHEYîr.

Et il faut redevenir Potard !

LA BARONNF

Jamais !... jamais!

Ils s'asseyent à la ia^Ie.

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