SCÈNE m
PITOIS, CÉLIMARE.
CÉLIMARE, à Pitois.
Approche et parle bas... En rentrant hier soir, j'étais d'une inquiétude... comment as-tu fait sortir la personne qui était chez moi?...
Il indique la droite.
PITOIS, très-haut.
Madame Bocardon?
CÉLIMARE.
Plus bas donc.
PITOIS
Ah bien! elle peut se vanter de m'avoir fait une peur!... quand je suis rentré... j'étais allé voir ma femme... qui a touché son mois... j'ai entendu du bruit dans la hngerie... j'allais prendre la pincette... lorsqu'une voix de femme m'a dit : (- Ouvrez! »
50 GELIMARE.
CÉLIMARE.
Tu n'avais pas de ciof.
PITOIS
Non! elle était enfermée des deux côtés, alors j'ai dévissé la serrure.
CÉLIMARE, lui serrant la main.
Ah! merci I
PITOIS, flatté.
Ah! monsieur!
CÉLIMARE, retirant sa main.
Non... Je me suis trompé... Continue...
PITOIS
La malheureuse mourait de faim... vu qu'il était neuf heures du soir.
CÉLIMARE.
Ah ! mon Dieu ! dix heures de lingerie 1
PITOIS
Alors, je lui ai offert un restant de nantilles... mais elle est partie comme un coup de vent...
CÉLIMARE, à part.
Heureusement Bocardon ne s'est aperçu de rien... Je l'ai occupé toute la journée... à aller conduire et chercher les dames... (Haut.) Pitois... je suis content de toi... tiens.^ voilà vingt francs.
PITOIS, croyant qu'ils sont pour lui.
Ah! monsieur!
CÉLIMARE.
Non! tu iras, après déjeuner, acheter un bouquet de roses blanches pour ma femme...