‹ Theatre complet de Eugene Labiche (volume 4)Chapitre 36 sur 364 · SCÈNE m · texte numérisé non relu

SCÈNE m

PITOIS, CÉLIMARE.

CÉLIMARE, à Pitois.

Approche et parle bas... En rentrant hier soir, j'étais d'une inquiétude... comment as-tu fait sortir la personne qui était chez moi?...

Il indique la droite.

PITOIS, très-haut.

Madame Bocardon?

CÉLIMARE.

Plus bas donc.

PITOIS

Ah bien! elle peut se vanter de m'avoir fait une peur!... quand je suis rentré... j'étais allé voir ma femme... qui a touché son mois... j'ai entendu du bruit dans la hngerie... j'allais prendre la pincette... lorsqu'une voix de femme m'a dit : (- Ouvrez! »

50 GELIMARE.

CÉLIMARE.

Tu n'avais pas de ciof.

PITOIS

Non! elle était enfermée des deux côtés, alors j'ai dévissé la serrure.

CÉLIMARE, lui serrant la main.

Ah! merci I

PITOIS, flatté.

Ah! monsieur!

CÉLIMARE, retirant sa main.

Non... Je me suis trompé... Continue...

PITOIS

La malheureuse mourait de faim... vu qu'il était neuf heures du soir.

CÉLIMARE.

Ah ! mon Dieu ! dix heures de lingerie 1

PITOIS

Alors, je lui ai offert un restant de nantilles... mais elle est partie comme un coup de vent...

CÉLIMARE, à part.

Heureusement Bocardon ne s'est aperçu de rien... Je l'ai occupé toute la journée... à aller conduire et chercher les dames... (Haut.) Pitois... je suis content de toi... tiens.^ voilà vingt francs.

PITOIS, croyant qu'ils sont pour lui.

Ah! monsieur!

CÉLIMARE.

Non! tu iras, après déjeuner, acheter un bouquet de roses blanches pour ma femme...

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