‹ Théâtre complet de Eugène Labiche (volume 5)Chapitre 128 sur 354 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

BIANDINET, lisant.

« Mais dea raisons, dont vous apprécierez la valeur quand je tous Ioib aurai fait connaître» m'obligent à prendre une grave détermination... »

LÉONCE

Parfait!

HENRIETTE

Après?

BLA.NDINET.

Voilà!... j'en suis resté là...

HENRIETTE et LÉONCE.

Gomment?

BLANDINBT.

Dame ! je leur annonce des raisons et je n*en ai pas à leur donner... Ah! si i'en avais! mais je n'en ai pas t. .. ma maison est ce qu eue était quand je la leur ai louée... je ne Tai pas agrandie... je ne Tai pas embellie... au con* traire... les plafonds sont noirs, les serrures crient... mais ce serait à eux à me demander de la diminution! Il faut être logique!

HENRIETTE

Sans doute, mon ami... maïs puisque tout augmente.

BLONDINET, a!?animaDt.

Non! c*est cruel, c'est odieux, c'est méchant, ce que vous voulez me faire faire là !

LÉONCE

Mon père !

HENRIETTE

Voyons... voyons... ne parlons plus de cela... et viens te mettre à table.. •

(8e LES PETITS OISEAUX.

BLANDINET.

Non... je n'ai pas faim... Quand on a une pareille lettre à ^rire...

HENRIETTE

Eh bien, tu récriras plus tard, pour le terme prochain.

BLAIfDINET, enchanté.

C'est cela... ça me donnera le temps de chercher des raisons... de bonnes... s'il y en a! (ils s'asseyent à table.) Ah I ça va mieux! (a Léonce.) Passe-moi des radis... A propos, tu sais que mon frère François arrive aujourd'hui d'Elbeuf?

HENRIETTE

J'ai fait préparer sa chambre.

LiOlfCB.

Je suis bien sûr que mon oncle augmente ses locataires, lui.

BLANDINET.

S'O a des raisons, il fait bien... Quand j'ai des raisons, je suis très-ferme... je suis même un peu Turc...

HENRIETTE

Toi!

LÉONCE, riant.

Gepauvie père!

BLANDINET.

Témoin Williams, notre ancien cocher...

HENRIETTE

11 se grisait tous les jours.

LÉONCE

Il nous versait trois fois par semaine.

Aussi je l'ai mis & la porce assez vertement !

HENRIETTE

C'est-à-dire que c'est moi qui Y y ai mis...

BLANDINET.

C'est toi... oui! mais je t'ai dit : « Je ne veux plus le foirl... Qu'il parte I... » et tu t'es chargée de la question de détail...

LÉONCE

Et vous, TOUS lui avez fait remettre cent francs par Joseph, au moment de partir.

BLANDINET.

Joseph est un bavard l... (a Léonce.) Donne-moi à boire.

LÉONCE, lai versant A boire.

Dites donc, mon père, hier à la Bourse, il courait de mauvais bruits sur votre banquier, M. Tumeps... On le dit malade...

BLANDINET.

Ahl le pauvre homme I... j'irai lui porter ma carte.

LÉONCE

Nonl... malade... dans ses affaires t

BLANDINET.

Vraiment?... Ah! ça me fait beaucoup de peine...

LÉONCE

D'autant plus que vous avez chez lui trois cent mil! francs en compte courant.

C'est vraiî

LÉONCE

Kt si vous vouliez m'aut<^riser à les retirer?..

BLÀNDINET.

Oh!... comme ça, tout de suite?... ça pourrait le blesseï

LÉONCE

Cependant...

BLANDINET.

Il faudrait lui reprendre ça tout doucement.., sans avoir Tair... par cinq cents francs..

LÉONCE, à part.

Ça n'en finira pasi...

BLANDINET.

A propos, on m'a dit que M. Mizabran, mon bottier, était venu ce matin... *

HENRIETTE

Oui, il doit repasser... Encore un de tes locataires... qui te paye en phrases t

Joseph entre avec un plateau sur lequel te trouvent le café et les tasses.

BLANDINET.

C'est un père de famille... et, après tout, il ne me doit que six termes I...

Joseph retire les assiettes et place devant chaque personne les tasses à café, puis le sucrier.

LÉONCE

Six termes!

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