ACTE DEUXIÈME. 23f
îfÉONCBy entrant par la gauche, deuxième plan, son chapeau sur U
tète,
Tiensl c'est toil
TIBURGE.
Bonjour, Léonce... j'attends papa...
LÉONCE
Il n'est pas encore levé.
TIBURGE.
Je le sais... il a dîné hier avec ton père... et tout me porte à croire que ces deux burgraves ont fortement causA avec la veuve Gliquot...
LÉONCE
Qu'est-ce que ça veut dire?
TIBURGE.
C'est un mot de mon quartier... pour indiquer qu'on n'aime pas la bière...
LÉONCE
Tu seras donc toujours fou?
TIBURGE.
Papa n'est pas là... et pourtant je ne suis pas en train de rire ce matin.
LÉONCE
Tu as du chagrin?...
TIBURGE.
Ah bien, ouil... non... mais j'ai douze mille fran% de dettes !
LÉONCE
Toi! des dettes?...
TIBURGE.
Dame! depuis deux ans que papa m'a coupé les vivres...;
il a bien fallu m'adresser au crédit public, et dans ce moinent il se fâche, le crédit public I
LÉONCE
Comment?
TIBURCE
n me lance des petits carrés de papier... avec des images dans le coin...
LÉONCE
Du papier timbré... on te poursuit?
TIBURCE
Ça m'en a l'air... je ne sais pas comment ces gredînslà ont appris que papa était à Paris... ils profitent de la circonstance...
LÉONCE
Que vas-tu faire?
TIBURCE
Je n'en sais rien... donne-moi un conseil...
LÉONCE
Tu n'as qu'un parti à prendre, c'est de tout avouer a ton père...
TIBURCE
Non!... cherche autre chose!...
LÉONCE
A ta place, c'est ce que je ferais...
TIBURCE
Oui! mais ton père et le mien... ça fait deux. Ton père, c'est un brave homme... c'est ime caisse qui s'ouvre de temps en temps... comme toutes les caisses. Tandis que le mien, c'est ime tire-lire en fonte... et sans porte... Pour l'ouvrir, il faut la casser.