ACTE DEUXIEME
MADAME PERRICUOIf.
Sourd à quarante-sept ans 1
ARMAND, A part
Tiens I il est sourd notre correspondant? G'esl donc pouv ;a qu'il ne répond jamais à nos lettres.
MADAME PERRICHON
£st-cc singulier? c'est un ami de Pingley qui sauve mon maril... Il y a de bien grands hasards dans le monde.
ARMAND
Souvent aussi on attribue au hasard des péripéties dont Q est parfaitement innocent.
MADAME PERRICHON
Ah! oui... souvent aussi on attribue... (a part.) Qu'est-ce qu'il veut dire ? ^
ARMAND
Ainsi, madame, notre rencontre en chemin de fer, puis à Lyon, puis à Genève, à Chamouny, ici même, vous mettez tout cela sur le compte du hasard?
MADAME PERRICnON.
En vo3'age, on se retrouve...
ARMAND
Certainement... surtout quand on se cherche.
MADAME PERRICffON.
Comment?
ARMAND
Oui, madame, il ne m'est pas permis déjouer plus longtemps la comédie du hasard ; je vous 'dois la vérité, pour vous, pour mademoiselle votre fille.
MADAME PERRICHON
Mafillel
52 LE VOYAGE DE MONSIEUff PERRICnON.
ARMAND
Me pardonnerez-vous ? Le jour où je la vis, j'ai été louché, charmé... J'ai appris que vous partiez pour la Suisse... et je suis parti.
MADAME PERRICHON
Mais, alors, vous nous suive*?...
ARMAND
Pas à pas... Que voulez-vdusl... j'aime...
MADAME PERRICHON
Monsieur I
ARMAND
Oh! rassurez-vous ! j*aime avec tout le respect, toute la discrétion qu'on doit à une jeune fille dont on serait heureux de faire sa femme.
MADAME PERRI(?&ON, perdant la tète, à part.
Une demande en mariage! et Perrichon qui n'est pas là! (Haut.) Certainement, monsieur... je suis charmée... non, flattée!... parce que vos manières... votre éducation... Pingley... le service que vous nous avez rendu... mais M. Perrichon est sorti... pour la mer de Glace... et aussitôt qu'il rentrera...
HENRIETTE, entrant vivement.
Maman!... (s'arrètant.) Âh! tu causais avec M. Armand?
MADAME PERRICHON, troublée.
Nous causions, c'est-à-dire oui! nous parlions de Pingley! monsieur connaît Pingley. — - N'est-ce pas?
ARMAND
Certainement, je connais Pingley!
HENRIETTI.
Oh! quel bonheur!