ACTE QUATRIÈME. U
DANIEL
Voulez-vous un exemple : M. Perrichon...
PERBIGHON, passant sa tète à la porte du pavillon.
Mon nom!
DANIEL
Vous me pennettrez de ne pas le ranger dans la cat^ gorie des honmies supérieurs.
Perrichon di.ip«ratt.
DANIEL
Eh bien, M. Perrichon vous a pris tout doucement en grippe.
AR&IAND.
J'en ai bien peur.
DANIEL
Et pourtant vous lui avez sauvé la vfe. Vous croyez peut-être que ce souvenir lui rappelle im grand acte de dévouement? Non! il lui rappelle trois choses : Primo, qu'il ne sait pas monter à cheval; secundo, qu'il a eu tort de mettre des éperons, malgré Tavis de sa femme ; tertio, qu'il a fait en public une culbute ridicule...
Soit, mais...
DANIEL
Et, comme il fallait un bouquet à ce beau feu d'artifice, vous lui avez démontré, comme deux et deux font quatre, que vous ne faisiez aucun cas de son courage, en empêchant un duel... qui n'aurait pas eu lieu.
ARMAND
Comment?
DANIEL
Tavais pris mes mesures... Je rends aussi quelquefois des services...
ARMAND
Ahl VOUS voyez bien!
DANIEL
Oui, mais, moi, je me cache... je me masque i Quand je pénètre dans la misère de mon semblable, c'est avec des chaussons et sans lumière... comme dans une poudrière! D*où je conclus...
ARMAND
Qu'il ne faut obliger personne ?
DANIEL
Oh non! mais il faut opérer nuitamment et choisir sa victime! D'où je conclus que ledit Perrichon vous déteste: votre présence l'humilie, il est votre obligé, votre inférieur ! vous l'écrasez, cet homme!
Mais c'est de l'ingratitude!...
DANIEL
L'ingratitude est une variété de l'orgueil... « C'est l'indépendance du cœur, » a dit un aimable philosophe. Or. H. Perrichon est le carrossier le plus indépendant de la carrosserie française! J'ai flairé cela tout de suite... Aussi i-je suivi une marche tout à fait opposée à la vôtre.
ARMAND
Laquelle?
DANIEL
i Je me suis laissé glisser... exprès! dans une petite crevasse... pas méchante.
ARMAND
1 Exprès?
* DANIEL
Vous ne comprenez pas? Donner à un carrossier Toc