SCÈNE CINQUIÈME
trouve seul avec elle... pas de maman... d'oncles... de tantes... de cousines... Elle... Fontainebleau et moi!.-.. (Haut.) Mademoiselle...
MARIE
Monsieur...
ERNEST
Vous paraissez triste... contrariée...
M.VRIE.
Je le 2rois bieu. . après la façon dont vous venez Js traiter mon père...
ERNEST
Je me suis fait bien mal comprendre : quand je me suis permis de dire que monsieur votre père avait la tête basse, cela signifiait qu'il ne mettait qu'un oreiller.
MARIE
Eh bien?
Cela n'attaque en rien son honorabilité ni son intelligence.
MARIE
Quelle singulière conversation I
ERNEST, riant.
Le fait est que... (a part.) Pour un jour de nocel je ne sais pas pourquoi je me suis embarqué dans les oreillers. (Haut.) Nous serons très-bien ici...
MARIE
Vous croyez?
FRNESl.
C'est simple...
MARIÏ.
Oh! oui!... H n'y a pas de luxe... Mais vous aviez mis dans votre tète de faire ce voyage... malgré tout le monde... malgré mon père surtout, un homme de bon sens, quoi que vous en disiez...
ERNEST
Moi? Je n'ai jamais prétendu le contraire.. *
MARIE
« Je ne comprends pas, vous disait-il, quand vous avez un appartement bien chaud, bien commode, bien meublé... que vous aUiez faire vingt lieues, au beau milieu de la nuit, pour tomber dans une misérable chambre d'auberge... »
C'est l'usage... après la cérémonie... on disparaît, on fait ce qu'on appelle le petit voyage, c'est consacré. On éprouve le besoin de fuir les regards indiscrets, de se soustraire aux sottes interjjrétations, aux questions équivoques...
MARIE, vivement.
Quelles questions? Je n'en redoute aucune!
ERNEST
Aujourd'hui... c'est possible; (a part.) mais demain!... (Haut.) Enfin, ce que je voulais, c'était de m'isoler du monde... avec vous... Nous ne nous quitterons pas, nous ferons de longues promenades à pied... dans la forêt...
MARIE
11 n'y a pas encore de feuilles... et il pleut.
ERNEST
J'ai apporté des parapluies... Mais ne vous tourmenter pas... ces huit jours passeront comme un rôve.