‹ Théâtre complet de Eugène LabicheChapitre 186 sur 303 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

LEGRAINARD, MADAME LEGRAINARD, CÉLINE.

Us sont attablés, à droite, autour du guéridon ; le déjeuner s'achèv«. MADAME LEGRAINARD, à son mari.

Voyons!... as-tu bientôt fini de prendi'e ton café?

Un moment!... il est trop chaud.

MADAME LEGRAINARD.

Alors pourquoi le demandes-tu toujours bouillant?

LEGRAINARD.

Pour le laisser refroidir... j'aspire l'arôme

MADAME LEGRAINARD

Si tu crois que c'est amusant de te voir renifler pendant une heui-e.

y76 LA MAIN LESTE.

LEGRAINARD.

Le café se prend deux fois... premif^rement par le ner, secondement...

MADAME LEGRAINARD.

Ohl que c'est agaçant, un homme comme ça!

LEGRAINARD.

Voyons, calme-toi; tiens, mange des noix, ça occupe.

MADAME LEGRAINARD.

J'ai fini! je n'ai plus faim.

Elle se lève et arpente la scène, les mains derrière le dos. LEGRAINARD, à part.

Elle monte sa faction.

MADAME LEGRAINARD, s'arrêtant tout à coup.

Ce qui me crispe, c'est de voir ta fille.

CÉLINE

Moi, maman? Qu'est-ce que j'ai fait?

MADAME LEGRAINARD.

Ellû est là, en arrêt devant ta tasse... immobile.., comme une momie.

CÉLINE

Ah!

LEGRAINARD.

Ma femme!

MADAME LEGRAINARD.

Ma parole, ja ne sais pas en quoi vous êtes bâtis fous les deux !

CÉLINE

Je ne peux pourtant pas forcer papa à se brûler. Si soq café est trop chaud I

Page 1