SCÈNE CINQUIÈME
RÉGALAS.
Pour la petite réparation.
CÉLINE, passant à la table de gaucne.
Ah! vous venez pour une réparation? N'est-ce pas pour cette couronne de lilas blanc qu'on a envoyée Mer soir?
RÉGALAS.
Je ne porte pas de couronne... je travaille nu-tête dans mon atelier... Je suis peintre, je réussis surtout le portrait... Si vous avez quelqu'un dans vos coimaissances... voici mes prix...
CÉLINE
Mais, monsieur, qu'est-ce que vous demander?
RÉGALAS.
M. Legrainard ne vous a donc pas dit...
CÉLINE
Mon père? non, monsieur.
RÉGALAS.
Votre père! mais alors vous êtes sa fille?
CÉLINE
Sans doute.
Et vous avez une maman... qui porte des souliers fourrés?
CÉLINE
Oui... quand il fait froid.
RÉGALAS, à part.
Alors, cest la maman... Diablel elle ne doit pas éitsQ toute jeune. (Haut.) Pardon! quel âge avez-vous?
CÉLINE, à part.
Ces artistes sont curieux! (Haut.) Dix-huit ans.
292 LA MAIN LESTK.
RÉGALAS.
A quel âge madame votre mère s'est-elle mariée?
CÉLINE
Mais, monsieur...
RÉGALAS.
Mettons dix-huit ans; dix-huit et dix-huit font trentesix... (a part.) c'est un fruit mûr... (Haut.) Et dites-moi... est-elle encore blonde?
CÉLINE
Maman est brune.
RÉGALAS.
Brune?... mais, la, sans mélange?
CÉLINE
Ah! je devine! vous êtes peintre... et vous venez faire son portrait?
RÉGALAS.
Non! je viens... pour une autre négociation... plus douce... plus tendre...
CELINE.
Une ii^gociation tendre... (a part.) Serait-ce un prétendu?
RÉGALAS.
*j ne peux pas vous expliquer ça... mais plût à Dieu, mademoiselle, que vous ressembliez a votre mère.
CÉLINE
Pourquoi?
RÉGALAS.
Parce qu'elle vous ressemblerait... et alors... non... je ne regretterais pas mon omnibus.