ACTE rREMlER. 3Î
Ce n'est pas fini. (Écrivant.) «Secundo. î?aîs, en outre, âommatioQ audit sieur Blancafort... »
GAUDIBAND.
Souligne sieur !
E DG ARD , écrivant.
« D'avoir à élaguer son noisetier, qui déborde... »
GAUDIBAND, dictant.
» D'une façon cavalière et impertinente... »
EDGARD, écrivant.
« Sur le mur mitoyen... Faute de quoi, il procédera lui-même, hic et nunc... »
Du latin I... il n'en a pas mis, lui ! C'est un âne 1
EDGARD, éciivant.
« Hic et nunc, à l'élagage dudit... »
GAUDIBAND.
« Sieur de Blancafort... »
EDGARD
Non... a Dudit noisetier 1 conformé'ment aux dispositions de la loi du 9 ventôse an vu... »
GAUDIBAND,
Bravo! j'ose dire que c'est tapé!
EDGARD, se levant.
Je cours porter cela chez l'huissier.
GAUDIBAND.
Et reviens vite. J'attends aujourd'hui la famille Gatinai», père, mère et fille.
EDGARD, descendant la scène.
Mademoiselle Julie, dont vous m'avez parié!
GAUDIBAND, au milieu de la scène.
Voyons, franchement, l'aimes-tu?
EDGARD
Mais je ne l'ai jamais vue.
Je vais te la dépeindre. Son père est un ancien marchand de fil de fer galvanisé... la mère est une femmo ravissante, qu'on ne peut regarder sans être profondément troublé... elle n'a que six ans de plus que sa fille.
EDGAUD.
Comment, six ans?... C'est une créole?
GAUDIBAND.
Non, elle est de Bougival... Gatinais a eu sa fille d'un premier mariage...
EDGARD
Et comment est-elle?
GAUDIBAND.
Mais c'est une demoiselle... très-bien... qui joue du piano... Le père râcJe du violon... L'autre jour, il m'a un peu embarrassé... il m'a demandé ce que tu faisais.
EDGARD
Je suis avocat.
GAUDIBAND.
Oui, mais tu ne plaides jamais.
EDGARD
J'ai d'autres visées... plus hautes... J'ai l'espoir d'être 2ommé un jour secrétaire du secrétaire du parquet.