SCENE IV
GAUDIBAND, puis POTEU.
GAUDIBAND, seul
S'est plus fort que moi... Chaque fois que je l'embrasse, |e sens une larme.
POTEU, entrant.
Voilà encore les pigeons dans le jardin I
GAUDIBAND.
C'est trop fort!... malgré ma sommation! Il est vrai qu'il ne l'a pas encore reçue... N'importe! Charge le fusil et tire dessus... Je suis dans mon droit... 3 prairial an ?l
POTEU, chargeant le fuail.
Je leur mets du plomb à lièvre.
GAUDIBAND.
Et, dès que tu les auras massacrés... tu prendras une serpe et tu iras couper le noisetier... 9 ventôse an vu.
POTEU.
Jfe viens de le gauler, son noisetier... J'attendais que les noisettes soient mûres... Les voilà!... En voulez-vous?
11 en donne une à Gaudiband et pose les autres sur le buffet, à côté du saloir.
GAUDIBAND, examinant la noisette.
Les voUà donc, ces fameuses noisettes dont il était si fier... Il n'y a que lui qui en possède l'espèce à Anton3^.. Il appelle ça la grosse aveline de Bourgogne à pellicule rouge... Il m'avait toujours promis de m'en donner... Eh bien, j'en ai maintenant! et je les planterai chez moi...
à sa barbe! (il va la poser sur le buffet et trouve un journal aveo sa bande.) Qu'est-Ce que c'est que ça?... (Lisant la bande.)
« Monsieur de Blancafort, propriétaire à Antony. »
POTEU.
Son journal! le facteur s'est encore trompé I...
Je ne veux rien à lui. Tu le lui reporteras... avec des pincettes.
POTEU.
Oui, monsieur. (Regardant dans le jardin.) LcS pigCOnS TOU-