ACTE DEUXIÈME
LUCKTTE.
Je n'étais pas là, moi I
GATINAIS
Comment' ce n'est donc pas pour votra Cî>mpte que vous venez ?
LUCETTE
Non, monsieur.
CAUDIBAND.
Ah! alort, ce n'est plus drôle 1
LUCETTE
Je viens pour Catherine, ma sœur. Tout ce que je puis vous dire, c'est qu'elle a du chagrin... qu'elle aime toujours Budor et qu'elle lui pardonne.
Elle lui pardonne? quoi ?
GAUDIBAND.
Raconte, petite, raconte tout ce que tu sais.
LUCETTE
Tout ce que je sais, c'est qu'ils étaient pour se marier ensemble... Papa ne voulait pas. . . maman non plus... et eux, ils voulaient se marier ensemble.
GAUDIBAND.
Oui... tu l'as déjà dit!
GATINAIS, à Qaudiband
N'interromps pas!
LUCETTE
Et certainement ce n'est pas une mauvaise compagnie, Budor... Il a du bien, il a trois vaches et une montre... en or... qui sonne. Voilà tout ce que je sais.
376 UN PIEL DANS LE CRIMI.
GATINAIS, se levant et passantà droite.
Mais, enfin, qu'est-ce qu'il a fait? Qu'est-ce qu'on lui reproche? C'est très-difficile de juger, si on ne connaît pas un peu...
GAUDIBAND.
Oui, iJ faudrait au moins...
GATINAIS, à Gaudiband
N'interromps pas! Parlez, mon enfant I
LUCETTE
Pour lors, ils étaient pour se marier ensemble... papa et maman ne voulaient pas.. .
GAUDIBAND, à part.
Elle se répète.
GATINAIS
Nous allons recommencer.
LUCETTE
Alors, ils sont allés pleurer dans le bois.
CAUDIBAND.
Ah!
LUCETTE
Y a pas de mal à ça... et on a mis Budor en prison. Alors, ma soeur m'a dit de venir vous trouver... avec des œufs frais... elle dit que, si vous voulez pardonner à Dudor, ils s^. marieront ensemble, et, s'ils se marient ensemble-, on me donnera des boucles d'oreilles en or pour la noce .. tandis que, s'ils ne se marient pas ensemble... (Pleurant.) je n'aurai pas mes boucles d'oreilles... (Sanglotant.) et moi, je voudrais les aA'oir!... Ah! ah! ah'