ACTE DEUXIÈME
MADAME GATINAIS
A quoi?
GATINAIS
Ce matin, en traversant le macadam, je me disais ; « Mon Dieu ! que de boue ! que de boue I »
MADAME GATINAIS
Ah ! c'est bien vrai !
GATINAIS
Et je plaignais les pauvres femmes... avec leurs robes traînantes... Ah! c'est un bien triste tableau!
MADAME GATINAIS
Eh bien, qu'est-ce que tu veux y faire?
GATINAIS
C'est égal I les gens qui ont voiture sont bien heureux !
MADAME GATINAIS
Ah! je t'en réponds!
Dis donc, bichette, si nous prenions voiture •
Il la prend par le bras et ils se promènent. MADAME GATINAIS.
Nous? Ah çà, tu ■as fou!
GATINAIS
Une petite voiture, av3c le moins de roues possible... Ce serait une fière économie, val... Plus de fiacres, plus de parapluies, plus de rhumes... Par conséquent, plus de médecins... Et les robes, les chapeaux, les chaussures...
MADAME GATINAIS
Mais tu n'y penses pas!... avec une voiture, il faut un cocher...
GATINAIS
Bien entendu... mais un petit cocher... un cocher sans conséquence... J'en ai justement un sous la main.
MADAME GATINAIS
Et les écuries, les remises... C'est absurde! C'est ton jury qui te tourne la têtel
GATINAIS
Mais le macadam...
MADAME GATINAIS
Eh bien, je prendrai un fiacre... ça me suffit... Une voiture! a-t-on jamais vu!
POTEU, passant sa tête, bas, à Gatinaia.
Eh bien?... où ça en est-il?
GATINAIS
Ça s'arrange!
Il le repousse dans Tarmeire.
GEINDARD, paraissant au fond.
Pardon... M. Edgard Vermillon n'est pas ici?
MADAME GATINAIS, bas, à son mari.
Quel est cet homme?
GATINAIS, bas.
Je ne le connais pas.
GEINDARD.
Je viens de chez lui. On m'a dit que je le trouverais ici... C'est un bien bon jeune homme, qui a l'obligean'** de s'occuper de mon enquête.
GATINAIS
Quelle enquête?
MADAME GATINAIS