SCÈNE V
Les Mêmes, GAUDIBAND, puis LE GARÇON.
GAUDIBAND, entrant du fond en grelottant, très-pâle etJe nez rougo.
Pristi! quel froid! je suis gelé!
EDGARD
Mon parrain 1 d'où sortez-vous?
GAUDIBAND.
De mon fiacre... En le prenant, je ne me suis pas aperçu qu'il avait deux carreaux cassés, et je suis dans un courant d'air depuis huit heures du matin...
Il éternue ; le garçon, à la table de gauche; deuxième plan, le salue.
Mais pourquoi êtes-vous resté dans ce fiacre?
GAUDIBAND.
Parce que... parce que... (ll éternue, le garçon la resalue.) Je
n'en sais rien... C'est madame Gatinais... ta femme.
LE GARÇON, à part, regardant Gatinais.
Gatinais!... c'est lui!
GAUDIBAND.
Qui m'a dit : « M'aimez... (se reprenant.) m'estimez-vous? — Oh! oui! — Alors, prenez un fiacre... et restez de- VII.. 24
dans... « (a part.) J'ai cru comprendre qu'elle viendrait m'y rejoindre... mais elle n'est pas venue...
LE GARÇON, qui s'est approché de Gatiaais, et bas, en Je tirant ifai sa redingote.
Chut!
GATINAIS, étonné.
Quoi?
LE GARÇO.->i, bas.
C'est VOUS qui êtes M. Gatinais?
GATINAIS
Oui.
LE GARÇON, bas.
Chut ! j'ai quelque chose à vous remettre de la part du prisonnier... Demandez des œufs sur le plat.
Il remonte au fond.
GATINAIS, regardant le garçon avec étonnement et à part.
Quel est ce mystère?
GAUDIBAND.
Ah çà, déjeunons-nous?
EDGARD
Voloixtiers... Je vais commander des rognons...
GAUDIBAND.
Des huîtres...
GATINAIS, allant se mettre à la table à gauche. Non... (Regardant le garçon.) Je prOpOSe des œufs SUT le
plat.
GAUDIBAND, qui se place à la même table et prend la droit*. Edgard s'installant au milieu.
Tiens 1 auelle drôle d'idée 1