‹ Théâtre complet de Eugène LabicheChapitre 29 sur 303 · PREMIER SPECTATEUR · texte numérisé non relu

PREMIER SPECTATEUR

Mets ton mouchoir sur ton chapeau... et partons.

Ils disparaissent; mouvement des spectateurs, les uns se sauvant, les autres entrent dans le café.

6REDANE, entrant par la gauche au fond; il donne le bras à u femme; il est suivi de Bathilde, sa fille.

Ne nous pressons pas!... Nous avons le temps.

BATHILDE

Papa, il pleut!

MADAME GREDANE.

Bien! mon chapeau neuf!

GR El) A NE.

Ouvrons le parapluie!... (il ouvre un grand parapluie sou» lequel ils s'abritent tous les trois.) La, maintenant, tCUOnS COU-

seil... Retournons-nous à pied ou en voiture?

MADAME GREDANE.

A pied? Est-ce que vous auriez l'intention de nous taire barboter comme des canards?

GREDANE.

Ne te fâche pas... c'est une question que je pose... Seulement, après minuit, la course est de deux francs cinquante, et dame! pour un dentiste qui ne gagne pas des mille et des cents... Décidément vous voulez une voiture?

MADAME GREDANE et BATHILDE.

Mais oui!...

GREDANE, prenant le parapluie, et remontant.

Très-bien! je vais chercher un fiacre! Attendez-moi I

MADAME GREDANE.

Mais S» tu emportes le parapluie 1

GREDANE.

C'est juste... Oh! que je suis bête! mon futur gendre, M. Bigouret, demeure ici... Entrez chez lui.

BATQILDE.

Mais il dort peut-être, ce monsieur.

CnEDAXE.

Je vais le réveiller. (Allant à la porte de la pharmacie et frappant.) Hé! monsieur Bigouret!... C'est moi!... ouvrez, c'est moi !

VOIX DE BIGOUUET, dans la coulisse.

Ah! c'est encore toi!... tu vas voir!

La porte s'ouvre et Bigouret a;ip!ique à Gredane un énorme soufflet.

GREDANE

Aïe!...

Ahl

Mon beau-père!...

GREDANE

Mon gendre!...

MADAME GREDANE et BATHILDB.

Un soufflet!...

BIGOURET.

Je suis désolé... ce n'était pas pour vous... je me suis trompé ! (Annabie.) Mais entrez donc vous reposer un mo» menti

TOUS

BIGOURET.

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