ACTE TROISIÈME
vous asseoir là... près de moi... sur ce divan... marquis...
EUSÈBE, s'asseyant fort près d'elle.
Mais ce divan... quand vous y êtes, c'est le paradis! Ahl je dois vous prévenir que mes dents ne sont pas fausses... J'ai dit ça... pour causer...
SUZANNE
Je donne aujourd'hui une petite soirée. Je compte sur vous et sur vos amis.
EUSÈBE
Très-bien, (a part.) J'irai avec la famille Gredane! le père m'a sauvé; nous serons quittes.
SUZANNE
A ce bal, vous verrez mon oncle.
EUSÈBE
Il m'intimide.
SUZANNE
Vous pourrez, si bon vous semble, le prendre à l'écart.
GLADIATOR
C'est une circulaire!...
Il désarticule involontairement le dossier de la chaise et il en met un morceau dans sa poche.
SUZANNE
Et lui demander ma main !
EUSÈBE
Votre main! votre main!... Oh! oh!... (n frappe sur le di-
»an dans un élan de joie II en sort un nuage de poussière de poivre qui le fait éternuer.) Non!... C'est trop!... Atchoum I... (rternuant plusieurs fois, à part.) C'est le poivrel...
GLADIATOR, vexé, se place entre SLizauue et Ëusëbe derrière le divan.
Un mariage!... permettez-moi de vous féliciter, madame!...
SUZANNE, railleuse.
J'espère que v^ous nous ferez l'honneur d'y assister.
GLADIATOR, éclatant.
On ne se moque pas des gens de cette façon-là. Non! non! non!
Il frappe le divan avec colère et en fait jaillir un nua^e de poivre.
SUZANNE, se levant et passant en éternuant.
Mais, qu'est-ce qu'il y a donc ici?
GLADIATOR, s'asseyant.
ExpUquons-nous. . .
EUSÈBE
Pas tant de bruit, monsieur, si vous croyez nous faire peur!
Il frappe le divan et éternue de nouveau. Tous les deux éternuent
ensemble.