SCENE V
JEAN, puisEUSÈBE.
JE.\N, seul.
f Songez-y! » parbleu! je ne songe qu'à ça!... Il n'est pas fort, l'apothicaire, si je pouvais lui faire croire que ma nièce a un vice rédhibitoire... quelque chose d'énorme... un coup de massue! Ah! j'ai trouvé!... Oh! non, c'est trop fort!... Il n'avalera jamais ça!
EUSÈBE, entrant par la droite au fond.
Ah ! je suis en nage. (Courant au buffet.) Une groseille, s'il vous plaît?
Il boit.
JEAN
Une groseille ! c'est lui !
EUSÈBE
Eh bien, commandeur, avez- vous réfléchi?... Vous me devez une réponse !
JEAN, à part.
Essayons. (Haut.) Mon ami, dans ces sortes d'afTalres, il ne faut pas se tromper... Il faut jouer cartes sur table I... Connaissez- vous bien ma nièce?
EUSÈBE
Mais, damel... autant qu'on peut connaître une femme... qu'on respecte.
JEAN
Certes, elle a pour elle l'esprit, la douceur, la gaieté, la bonté, la santé, tout enfin !... Mais c'est sa jambe 1... Avezvous regardé sa jambe ?
EUSÈBE
Oh I je ne me serais pas permis I...
JEAN
Elle est musicienne, elle chante, elle dessine, elle parle l'anglais, l'italien, l'espagnol... Mais c'est sa jambe!
EUSÈBE
Quoi? sa jambe? Qu'est-ce qu'elle a sa jambe?
JEAN
Chut!... Il s'agit d'un secret de famille... Voyez si personne ne peut nous entendre. (Eusôbe remonte pour s'assurer
qu'on n'écoute pas; à part.) Il u'avalcra jamais ça... c'est trop épais I
EUSÈBE, revenant.
Personne! parlez!
JEAN
Jurez-moi d'abord de ne révéler à qui que ce soit que je vous ai fait cette confidence.
EUSÈBE
Je le jure !
JEAN
Ehbiea, elle a»c,
SUSÈBE.
Quoi.