‹ Théâtre complet de Eugène LabicheChapitre 94 sur 303 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

ON GARÇON d'hOTEL, entrant.

Patron!... une lettre que le facteur apporte à l'instant.

GODAIS.

Une lettre?... donne. (Le garçon sort.— Lisant.) « à monsieur Godais, maître d'Hôtel à Fontainebleau. « (parié.) C'est bien pour moi. (Lisant.) « Monsieur, je me marie aujourd'hui, j'arriverai à Fontainebleau avec ma jeune femme par le train de minuit cinq. » (Parlé.) Comment! ce soir? (Lisant.) « Je désire un appartement confortable, pour y pas ser ma lune de miel. Faites faire du feu partout et préparez-nous un petit souper délicat. Je veu-s que ce soit très-bien; je ne regarde pas au prix... » (parié.) Il n'y a pas une minute à perdre. (Remontant et appelant.) Auguste ! Auguste !

AUGUSTE, dans la coulisse.

Bonsoir, monsieur... Je suis couché!

GODAIS.

Habille-toi... et viens tout de suite... tout de suite!

AUGUSTE, dans la coulisse.

Saprelotte!... qu'est-ce qu'il y a?

GODAIS, seul, regardant sa lettre.

Ah! il y a un post-scriptum. (Lisant.) « Vous me mettrez deux oreillers, je ne peux pas dormir la tête basse ; cela fera trois oreillers, en comptant celui de ma femme... Mais, dans le cas où elle aussi aimerait à avoir la tête haute... ce que je ne sais pas encore... je vous le dirais... alors il nous faudrait quatre oreillers... Je ne regarde pas au prix... je veux que ce soit très-bien. Recevez mes salutations. — Ernest de Maxenville. — Paris, le l*' avril 18G8. » (.Parié.) Je vais lui donner la chambre n° 7... avec salon... C'est l'appartement réservé aux lunes de miel... Fontainebleau est très à la mode depuis quelque temps pour ces sortes d'expéditions.

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