ACTE V
LE MOINE. '
Sous peine d'anathème , arrière tous les «iutres !
Les barons se retirent vers le fond du théâtre. •— Robert paraît.
PHILIPPE
C'est bien , mes bons amis : recevez mes adieux. — Oui , vous avez raison , lâches ! Baissez les yeux !
Mouvement.
Baissez les yeux , vous dis-je ! et subissez Toutrage ; Ou , s'il rallume en vous un reste de courage , Relevez donc le gant que je vous jette I — Allons 1 Chevaliers ! je vous tiens pour chevaliers félons !
ROBERT, s'avançant.
Je vous tiens pour félons , ô chevaliers de France I
A Philippe.
S'il vous faut , Monseigneur, à Tépée , à la lance , Envers et contre tous , un tenant ; — me voici.
C'est bravement parler, comte Robert. Merci.
ROBERT, allant yers Agnès.
Vous , Madame , daignez agréer mon service , Et jamais champion , avant d'entrer en lice , N'aura mis à sa lance , avec autant d'orgueil , D'aussi nobles couleurs que vos couleurs de deuil.
AGNÈS
Généreux inconnu , que Dieu vous récompense !
Mais il n'est pas besoin qu'on prenne ma défense. Allez auprès du Roi ; modérez son courroux.
Voilà , bon chevalier, ce que j'attends de vous.
Robert s'incline , et revient Ters Philippe. Le Roi , les bras croisés , a jant Guillaume et Robert à ses cdtës, regarde fixement les barons, qui restent immobiles.)
Agnis , sur le devant de la scène , ra viTement an moine.
A G N £ s y au moine.
Seigneur, justice est faite. Écartez votre foudre. Laissez régner le Roi , que ma mort doit absoudre.
— Je me meurs.
LE IfOINE.
Quoil
AGNÈS
La douleur égarant ma raison...
Priez pour moi I priez I... Je meurs par le poison.
LE MOINE, avec épouvante.
Oh!
AGNÈS, montrant le Roi.
Silence , mon père !
LE MOINE
Ah 1 malheureuse femme 1 Quoi ! ne songiez-vous pas que vous perdiez votre âme !
— Malheur à vous !
AGNÈS
Mon père !