‹ Théatre complet de F. Ponsard (volume 2)Chapitre 13 sur 251 · ACTE I · texte numérisé non relu

ACTE I

Aussi grossier que lui

BRUTE

J'avais laissé Técorce , Afin que le bâton conservât mieux sa force.

SEXTUS

Nous voulûmes savoir qui régnerait d'abord.

« Ce sera de vous quatre , a dit la voix du sort , « Celui qui le premier embrassera sa mère, v Brute s'ébahit tant qu'il se jeta par terre.

Le maladroit !

BRUTE

Chacun peut faire un mauvais pas.

GOLLATIN.

Allons , seigneurs , allons achever le repas.

—Viens, Brute, et ne crains point qu'aux railleurs j'applaudisse ;

Mes hôtes sont égaux sous ma foi protectrice.

Qui que ce soit de vous , toi , Brute , vous , seigneurs ,

Vous , Sextu3 , mon foyer vous doit mêmes honneurs.

Chacun est bien venu ; chacun peut , à toute heure ,

Certain d'être accueiUi , frapper à ma demeure.

La porte s'ouvre à tous , moi présent , — et ce soin

Appartient à Lucrèce , alors que je suis loin.

Le. vœu de mon époux est ma loi.

SEXTUS

Suis-nous , Brute ;

Et marche droit , de peur d'une nouvelle chute. — J'y songe maintenant : il est clair qu'Apollon N'a pas été content de l'offre du bâton , Et , pour montrer combien sa rancune était grande , Il t'a fait choir, réglant la peine sur l'ofûrande.

Toas Borient.

BRUTE , sortant le dernier.

Non. Le dieu fut content. — Tu ne sais pas encor Que dans le bâton vil était un bâton d'or.

FIN DU PRBMIEll ACTE.

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