‹ Théatre complet de F. Ponsard (volume 2)Chapitre 181 sur 251 · ACTE m · texte numérisé non relu

ACTE m

BARBAROUX

Et moi que deviendrai-je ! — Ah ! qu'est-ce que j*entend î Vous partez !

CHARLOTTE

Il le faut.

BARBAROUX

Pourquoi partir si vite?

Tl sera temps plus tard de souger à la fuite.

CHARLOTTE

Ne me combattez pas ; c'est un point résolu , Et tout raisonnement y serait superflu.

— Barbaroux ! votre cœur est rempli d'amertume ; Je vous trouve plus triste encor que de coutume ; Ce m'est un vrai chagrin de vous laisser ainsi. Pourtant par l'amitié tout peut être adouci ,

Et je n'ai pas voulu vous quitter sans vous dire Une bonne parole où l'amitié respire.

Sans doute votre esprit , un moment abattu , Dans l'amour du pays reprendra sa vertu ; Mais si ce n'est assez , et s'il faut vous apprendre Que quelqu'un prend à vous l'intérêt le plus tendre , Si mon estime , ayant à vos yeux quelque prix , Peut vous encourager à braver les mépris , Sachez que vous avez une sœur qui vous aime, Et soyez toujours ferme et digne de vous-même.

— Adieu donc 1

Elle lui tend la main.

286 CHARLOTTE GORDAY.

B A R B A R O UX , tenant la main de Charlotte.

Adieu donc , roman évanoui !

Dans un rayon du soir beau rêve épanoui !

Adieu bonheur ! — Saurai-je au moins ce que vous faites, Et comment vous vivez, et dans quel lieu vous êtes?

CHARLOTTE

Vous saurez , Barbaroux , tout ce que je ferai.

BARBAROUX

Et qui m'en instruira?

CHARLOTTE

Moi. Je vous écrirai.

charlotte sort à droite ayec la serrante. •— Barbaroux, après l'aToir suivie des jpuz, va rejoindre les Girondins. — La MaruiHai$e éclate de noureau.

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