SCÈNE I
LYDIE
Il est pauvre. Il aurait les trésors du Pactole , Que je ne voudrais pas accepter une obole.
BEROé.
Pauvre ! fils d'affranchi ! volage dans ses goûts I Médiocrement beau ! — Pourquoi donc Taimez-vous?
LYDIE
Je ne sais pas. Je Taime.
BERCÉ
l'étrange faiblesse !
Eh quoi 1 les plus grands noms de la jeune noblesse , Les Drusus , les Pisons , implorant un coup d'oeil , D'inutiles soupirs fatiguent votre seuil; Si vous préférez l'or aux brillantes intrigues , Tout avare usurier aura des mains prodigues.
Chrêmes , pour dégrafer ce manteau complaisant , Viderait à vos pieds son coffre-fort pesant.
Et — pouvant bien choisir, — vous vous mettez en tête, Quoi?... d'aimer un faiseur de chansons, — un poète !
LYDIE
Que veux-tu !
BEROÉ.
Par Plutus! songez donc qu'Apollon Ne s'appelle doré , que parce qu'il est blond.
LYd]i£, Mariant.
C'est juste.
t6( UNE ODE D'HORACE.
BBBOB.
Mardiis a des aïeux antiques; Leurs images de cire illostrent ses portiqaes ; Qu'en dites-vous, madame ?
LTDIB.
Eh ! que m'importe à moi Qu'ayant des goûts d'esclave, il descende d'un roi ! Je refuse ma couche au pelit-fils d'Énée, Dont le regard est trouble et l'haleine avinée.
BBROÉ.
Et Cérinthe? il est beau.
LTDIB.
C'est vrai; mais il est sot.
Sa bêtise orgueflleuse éclate au premier mot.
BEROé.
Calais?
LYDIE
Calaïs , ^ont le talent unique Consiste à bien draper les plis de sa tunique !
Préférez-vous Rufus?
LYDIE
Nul n'a le goût plus fin Pour discerner d'abord une huître du Lucnn.