‹ Théatre complet de F. Ponsard (volume 2)Chapitre 239 sur 251 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

Il ne dédaigne pas les mets exquis , non plus

Qu'un vin mis au cellier sous le consul Tullus ;

Mais c'est l'amour surtout , c'est l'amour qui l'enchante,

— L'amour que je maudis , quand Lydie est méchante.

LYDIE

Ah ! traître ! tes discours seraient mieux accueillis , Si tu n'en disais pas tout autant à Phyllis

HORACE

Moi î c'est faux.

LYDIE

Pour Lydie on a quitté Mécène ; Mais à quitter Chloé l'on aurait plus de peine.

HORACE

Chloé ! fi donc ! — Je prends tous les dieux à témoin Que je n'ai jamais vu la Chloé que de loin.

LYDIE

Le serment est facile à vous autres parjures.

Ah ! j'ai peu mérité ces cruelles injures 1

A quoi sert l'innocence ! — gardien des serments ,

Que je sois foudroyé , Jupiter, si je mens 1

LYDIE

Eh bien ! oui , je te crois ; j'ai besoin de te croire , Horace , mon amant , mon poëte , ma gloire !

— Je t'aime.

Horace est k genoux devant elle; elle lui passe un l^raa autour du cou.

C'est l'effet de quelque enchantement ; Ce n'est pas naturel d'aimer si follement.

Reste ainsi prisonnier dans mon bras qui t'enlace 1 Nous allons t'enchainer, volage, à cette place.

— Je t'aime. Mes regards, de toute leur longueur. S'enfoncent dans tes yeux et vont chercher ton cœur. Je voudrais me changer en rayon de lumière ,

Afm d'y pénétrer, moi-même , tout entière.

— Ne me regarde plus. J'en perdrais la raison.

Horace fait un mouTement pour se lever.

Non , non ; ne bougez pas. Vous êtes en prison.

— Tu n'aimes pas Cholé, n'est-ce pas?

HORACE

Dieu m'en garde !

Elle est laide.

HORACE , 86 relevant.

Très-laide. On dit qu'elle se farde.

LYDIE

Elle a d'affreuses dents.

HORACE

Elle louche , je croi.

LYDIE

Tu n'aimeras jamais d'autre femme que moi?

horac{e.

Jamais.

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