‹ Théatre complet de F. Ponsard (volume 2)Chapitre 30 sur 251 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

SEXTUS, SULPIGE.

SEXTUS

Ainsi , tu viens du camp , Sulpice , exprès vers moi ?

SULPICE

Oui , seigneur, et voici le message du roi.

SEXTUS

Donne.

Lisant.

« Mon fils Sextus, les longueurs de la guerre « M'ont trop fait négliger le soin de notre terre. « La mauvaise herbe en paix commence à l'usurper, « Faute d'un laboureur soigneux de l'ext rper.

a Dès lors tu feras bien de rester au domaine , a Afin d'être attentif, à la mauvaise graine. »

— Je reconnais mon père à son style prudent ; Il lui faut un devin plutôt qu'un confident.

Il cache sa pensée à l'aide des paroles ;

Plus le sens est profond , plus les mots sont frivoles ;

Et , s'il veut une tète y il prend un air badin ,

Et s'amuse à couper les pavots du jardin.

A Sulpioe.

— Sulpice, est-ce là tout?

SULPICE

Non. Le roi , votre père , M'a dit encor : « Sextus aura l'œil sur Valère. » Et , pour savoir quel vent souffle de ce côté , Je suis chargé d'entrer dans son intimité.

SEXTUS

Bon 1 mon père toujours met les choses au pire. Au point où nous voilà , qui veux-tu qui conspire ?

— Ce n'est pas le sénat. Ce vieillard impuissant Est purgé des humeurs qui lui chauffaient le sang ; Il comprend , aujourd'hui qu'il est devenu sage , Que la tranquillité convient à son grand âge ,

Et comme incessamment de ce corps tout cassé Tombe quelque débris qui n'est pas remplacé , Les membres s'en allant ruine par ruine , Tout doucement bientôt s'éteindra la machine.

— Quant au peuple , il se bat ou construit des égouts , Et ne s'occupe pas de ce qu'on fait chez nous.

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