‹ Théatre complet de F. Ponsard (volume 2)Chapitre 32 sur 251 · ACTE III · texte numérisé non relu

ACTE III

— Dût Vesta l'animer, dût la chaste Lucrèce Surpasser en rigueur Diane chasseresse , N'importe. Mon amour ne peut être en défaut.

— Je l'aime en furieux ; je l'aime , — il me la faut.

SULPICE

Mais on dit qu'à l'abri de son foyer paisible Toute séduction la trouve inaccessible.

SEXTUS

Cela se peut. Mais moi, je veux tout surmonter. Si je ne séduis pas , je saurai bien dompter.

* Je veux ma passion acceptée ou subie.

* J'ai bien pu , moi tout seul , m'emparer de Gabie !

* Les remparts étaient sûrs ; l'assaut désespéré ;

* Le roi se retirait ; mais j'ai persévéré.

* Moi-même , déchirant ma tunique salie ,

* Marquant de coups honteux mon épaule avilie ,

* J'ai couru vers les rangs des ennemis armés ,

* En invoquant les dieux , vengeurs des opprimés.

* « Gabions î ai-je dit , écartant ma tunique ,

* « Voyez le triste effet d'un châtiment inique.

* a Je suis fils de Tarquin. Ces coups déshonorants ,

* « Tarquin m'en a fait battre en face de nos rangs ,

* « Comme un esclave vil et comme un sacrilège ,

* « Pour avoir proposé d'abandonner le siège.

* « Souffrez que je me venge , et vous venge avec moi ,

* « Moi d'un père inhumain , vous d'un voisin sans foi, »

* C'est par de tels discours et cette ruse habile

* Les rers marqués d'un astérisque peuTent être supprimes à la représentation.

* Que je parvins enfin à surprendre la ville.

* Vois donc ce que j*osai ; par ce que j'entrepris ,

* Vois ce que j*oserai , quand Lucrèce est le prix.

— Sulpioe , il ne Saut pas que le soleil revienne Sans que par un moyen Lucrèce m'appartienne.

— Écoute.

SULPIGB.

C(xnmandez, seigneur.

SBXTUS.

Prépare-loi.

Je'vais i CoUatie , et tu viens avec moi.

Séduis par des présents les femmes de Lucrèce ; Sache quelle est la chambre 6ù couche leur maîtresse ; Prends cet or ; munis-toi d'un glaive et d'un flambeau ; Qu'un esclave te suive , et qu'il soit jeune et beau.

— Va , maintenant ; sitôt l'obscurité complice ,

Tu reviendras Et puis, que le sort s'accomplisse !

Solplce sort.

Oui , j'atteindrai mon but , quoi qu'il doive arriver. Il n'est aucun obstacle à qui l'ose braver.

Celui-là seul est grand et fort , qui peut se dire : Jusqu'où mes vœux iront j'étendrai mon empire ; Plus je reculerai les bornes du désir, Et plus j'aurai conquis d'espaces à saisir.

— C'est s'égaler aux dieux. Leur éclatant exemple Consacre chaque terre et vit dans chaque temple. Le premier de nos rois n'a-t-il pas dû le jour Aux autels profanés par un divin amour ?

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