‹ Théatre complet de F. Ponsard (volume 2)Chapitre 44 sur 251 · ACTE IV · texte numérisé non relu

ACTE IV

Le chant sied au travail ; — je voudrais essayer Si quelque douce voix vous saurait égayer.

s* adressant k Laodiee.

jeune esclave , née aux bords de Tlonie , A qui la muse grecque a donné l'harmonie , Chantez vos anciens chants sur le mode latin , Tandis que je poursuis les secrets du destin.

LAODIGE) se levant , et prenant nne lyre pendue à la muraiUe*

« Des hommes et des dieux monarque taciturne ,

« Le sommeil fait couler la liqueur de son urne ,

« Et la molle langueur, aux charmes pénétrants ,

« Chasse des cœurs mortels les soucis dévorants.

« C'est l'heure où sur les monts, ceints de forêts bruyantes,

« Sortent de leurs abris les biches confiantes ;

« Elles ne craignent plus que la Vierge des bois

« Les poursuive des traits dont sonne son carquois ;

« Car , bel Endymion , aux monts de Thessalie ,

« C'est toi qui tiens Diane et ses traits qu'elle oublie.

« — Suave est le sommeil qui succède à l'effort ;

« Mais ce fils de la nuit est frère de la mort.

« Plus d'un , qui s'endormit au milieu d'un sourire ,

« Ne se réveillera que dans le sombre empire ;

« Il ne reverra plus ni le jour radieux ,

a Ni son plus cher ami qui n'eut pas ses adieux... »

LA NOURRICE

Malheureuse ^ tais-toi ! Ton chant est plein d'alarmes.

l'esclave.

Hélas ! je projetais des paroles sans larmes ;

Mais ma langue se meut sous un fatal pouvoir.

Indices effrayants 1 que faites-vous prévoir ?

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