SCÈNE IV
SKXTUS , oULPIGE , l'arançant vers Seztus, sur le devant de la scène , UN ESCLAVE, qui reste dans le fond.
SEXTUS , d'uD air dbiMùt.
Sulpice, te voilà. Tout est-il préparé?
SULPICB.
Oui , seigneur.
SEXTUS
Tout est prêt , dis-tu. — J'aviserai.
Vainement je m'étonne , et m'indigne , et m'excite ; Quand il faut tout oser, il semble que j'hésite. Tu n'as pas , comme moi , vu quel air de grandeur A Lucrèce offensée imprimait la pudeur, Et quelle majesté , rayonnant dans son geste , Couronnait de terreur son port simple et modeste. Une auguste colère éclatait dans son œil , Qui de mon œil vaincu faisait baisser l'orgueil ; Son silence pesait sur ma langue oppressée Où mourait impuissant l'effort de ma pensée ; Et, venu pour frapper son esprit, c'était moi Qui d'un respect nouveau reconnaissais la loi. Où donc la chasteté prend-elle cet empire , Que , devant un regcprd , ma harc^iesse expire !
SULPIGE.
Ainsi vous comptiez trop sur vous-même , tantôt, Quand vous disiez : Je veux Lucrèce ; il me la faut.