ACTE V
LE MOINE, la repoussant.
Arrière ! laissez-moi !
AGNES •} tombant à g^enoux ,
Vous qui me rejetez , mon Dieu , sauvez le Roi !
PHILIPPE
Que vois-je ! Fi ! ^ladame ! ètes-vous insensée !
Suivez- moi ! — Qu'as-tu donc ? — Dieu ! ta main est glacée !
AGNÈS
Philippe, à ton secours appelle ta vertu. Je vais mourir.
PHILIPPE
Mourir ! Agnès ! quoi ! que dis-tu !
AGNÈS
Oui, mes anxiétés ont passé mon courage... C(i peuple forcené , ce bruit , ces cris de rage , Tout cela m'a brisée , — et je meurs.
PU ILI PPE.
Mourir ! toi !
Où suis-je V
AGNÈS
Pauvre ami !
PHILIPPE
Toi , mourir !
200 AGNES DE MERAME.
Soutiens-moi.
PHILIPPE, il la conduit vers un banc.
Oh ! mon Dieu ! — Sauve-la , moine ! et je te pardonne !
— Mes amis I compagnons!
AGNÈS
Non , n'appelle personne.
On ne peut me sauver ; — reste , — je veux te voir, Et m'acquitter enfin d'un important devoir.
— Si la solennité des paroles dernières Prête quelque vertu , Philippe , à mes prières, Souviens-toi de rentrer, soumis et repentant , Dans la foi , dont le pape est le représentant.
Au moine.
J'ai prononcé tantùt dos paroles de haine , Seigneur ; je m'en repens.
î- K MOINE, Us yeux au ciel.
Justice souveraine , Dans le trouble où je suis, montre-moi mon chemin ! Faut-il l'abandonner ou lui tendre la main ? Le crime est monstrueux ; mais l'épreuve était rude. Qui peut prescrire un terme k ta mansuétude?
Il fait un pas Tcrs Ajrin^s.
Dieu juste , mais Dieu bon , puisse son repentir Désarmer la rigueur prête à s'appesantir!