AUX SPECTATEURS
Je suis la Musc de rilistoiio.
La Grèce , où sont nés tous les arts , Me salua , comme sa gloire , Quand j'apparus à ses regards.
Des Muses la troupe dansante , Heureuse d'une sœur naissante , Accourut près de mon berceau ; Un Uieu nie versa l'ambroisie ; Pour moi chanta la Poésie ; La Peinture offrit son pinceau.
Ainsi , riche de leurs offrandes , Je grandissais parmi mes sœurs , Me couronnant de leurs guirlandes , Et dansant au milieu des chœurs.
C'était l'âge des chansons folles ;
206 l'KOLOGUE.
Mais pour les austères paroles J'oubliai les folles chansons.
Bientôt , saisissant mon domaine , Je contemplai l'histoire humaine , Et j'en méditai les leçons.
Quand , voyageuse opiniâtre , J'eus parcouru le monde ancien , Je descendis sur le théâtre , Devant le peuple Athénien.
Je mis sous les yeux de la foule L'événement qui se déroule De la cause jusqu'à l'effet ; Je fis voir, dans mes chants sévères , Aux fils ce qu'avaient fait leurs pères . Et ce qu'eux-mêmes avaient fait.
0 Athènes ! ô ma patrie !
Ton nom sera toujours chanté.
Ton lait vigoureux m'a nourrie ; Je paie en immortalité.
Laissons l' inglorieux Satrape , Dont le nom ignoré m'échappe , S'endormir dans la pourpre et l'or.
Malheur à qui craint la lumière !
L'Asie est morte tout entière ; — Terre des arts, tu vis encor !
Elle s'aTanco vers le piiMic.
Et vous , (pii vous nommez les héritiers d'Athène, Français , n'os(M"ez-vous me voir sur votre scène ?