ACTE II. -iStf
B ARBAUOUX.
Depuis lors la Commune , unie aux Montagnards , Sur vingt-deux Girondins appelait les poignards.
CHARLOTTE
Mais la Convention soutenait la Gironde?
Bah I quel soutien, devant une émeute qui gronde ,
Que les flottantes voix de ces hommes de bien
Qui votent librement , tant qu'ils ne craignent rien 1
Vainement on a pris d'apparentes mesures ;
Où le coeur fait défaut les armes sont peu sûres ,
lit l'appareil guerrier, qui couvre les sol(!ats,
Ne donne pas du cœur à ceux qui n'en ont pas.
— N'ayant que des amis dont l'air faisait comiaitre
Des gens vaincus déjà par la crainte de lètre ,
Eux-mêmes, ayant fait tout ce qu'on peut tenter,
Quand ce n'est que sur soi qu'on a droit de compter.
Par le maire trahis , trahis par le ministre ,
Les proscrits attendaient l'événement sinistre.
Que vous dirai-jel — Enfin ce jour est arrivé.
A la voix de Marat , le jjcuple s'est levé ;
Paris , épouvanté par le canon d'alarmes ,
Se remplit jour et nuit de citoyens en armes ;
On bat la générale ; on sonne le tocsin ;
Mort aux vingt-deux! — tel est le mot d'ordre assassin.
Cependant les faubourgs, conduits par la Commune,
Vomissent leur cohue aux pieds de la tribune.
C'est alors qu'on a \u, dans le tem|)ie des lois,
240 CHAKLUÏTE COKDAV.
Le peuple et l'orateur qui parlaient à la fois ! On a vu des canons braqués sur cette enceinte Où le législateur doit ignorer la crainte, Et, du sang de septembre encor tout dégouttants, Des poignards menacer vingt-deux représentants!
— Voilà les arguments de ces bons patriotes ! Voilà comme on entend la liberté des votes ! C'est à ce résultat qu'on sera parvenu ,
Que nous , vainqueurs des rois , après avoir connu Des révolutions grandes , fières , sublimes , Pour notre indépendance et nos droits légitimes. Nous aurons désormais, de par l'assassinat. Des révolutions en l'honneur de Marat !
CHARLOTTE
Et le peuple , introduit au sein du sanctuaire , Ne s'est pas effVayé do ce qu'il osait faire !
BARBAROUX
Le peuple a sans relâche exigé qu'on livrât
Les vingt-deux (Jirondins , condamnés par Marat !
CHARLOTTE
Et les a-t-on livrés?
BARBAROUX
On les a laissé prendre.
en A R LOT T E.
Quoi ! la Convention n'a pas su les défendre !
— Mais nos représonlants sont donc des lâches?