ACTE III
Je te bénis, ma tille adoptive. Que Dieu T'assiste , mon enfant , et te suive en tout lieu ! Tu fus bonne et soigneuse envers ta vieille aïeule ; Sans toi j'aurais langui, triste, malade et seule. Comme ceux qui sont vieux , je murmurais souvent , Tu vivais sous mon toit comme dans un couvent , Et mes goûts réguliers, qu'un bruit joyeux alarme, Pour ta vive jeunesse avaient bien peu de charme ; .Mais un signe jamais n'a trahi ton ennui ; Tu m'offrais doucement ton patient appui, Et, comme dans l'hiver un rayon de lumière, Ta gaîté rayonnait dans ma froide chaumière. — Que Dieu te récompense !
CHARLOTTE, à part.
Ah ! je n'y puis tenii-.
lillu su relève.
Pardonnez-moi !
.MADAMK HE BHETTEVILLE.
Pouri|iioi? .le ne dois (juc l)énir.
CHARLOTTE
"Vos bontés me font mal. Je n'ai pas su paraître Affectueuse et tendre autant qu'il fallait l'être. Ah ! l'on comprend trop tard qu'on n'aimait pas assez. Si nous étions encore aux jours qui sont passés , De combien de lespect , de soins et de tendresse Je voudrais entourer votre .«mainte vieillesse ! Pardunnez-moi !
288 ( HAHLOTTE CORDAY.
MADAME DE B R ET T E V IL LE
Bon ange, et quoi te pardonner?
CHARLOTTE
Hélas ! pardonnez-moi de vous abandonner!
MADAME DE BKETTE VILLE
Vas en paix , chère enfant , de tous mes voeux suivie ! Cherche à Londre un repos que le ciel nous envie. Va , — c'est moi qui l'exige , et Dieu , j'en ai la foi , T'y rendra le bonheur que j'ai reçu de toi.
CHARLOTTE , i part.
Si quelqu'un lui disait, ô pauvre cœur de mère, Que je vais à Paris et ce que j'y vais faire !
KUe prend les mains de sa tante et les porte à ses lèvres. Haut.
En vérité , je pars avec tant de regrets
Que si vous consentiez, eh bien ! — je resterais.
MADAME DE B R ETT E V I I, L E.
Oh 1 non. C'est là , ma fille , une nuunaise iilt'e ! Tu sais bien que Innlùt je tai persuadée. Non, non, pars tout de suite 1
Elle remlirissi>.
Adieu , mon cher Irésor !
Elle la rappelle et Tenilirasse de nonveau.
Pour la dernière fois, \iens m'embrasser encor 1