SEXTUS, SULPICE
SEXTl'S.
Ainsi , tu viens du cainp , Siilpice , exprès vers moi ?
SI LPICE.
Oui , seigneur, et \oioi le message du roi.
SEXTIS.
Donne.
Lisant.
« Mon fils Sextus, les longueurs de la guerre « M'ont trop fait négliger le soin de notre terre. « La mauvaise herbe en paix commence à l'usurper, « Faute d'un laboureur soigneux de Text rper.
« Dès lors tu feras l)ien de rester iiii domaine , « Afin d'être attentif à la mauvaise graine. «
— Je reconnais mon père à son style prudent ; Il lui faut un devin plutôt qu'un confident.
Il cache sa pensée à l'aide des paroles ;
Plus le sens est jirofond , plus les mots sont frivoles ;
Et, s'il veut une tète, il prend un air badin,
Et s'amuse à couper les pavots du jardin.
A Sulpice.
— Sulpice , est-ce là tout ?
SULPICE
Non. Le roi , votre p"ere , IM'a dit encor : « Sextus aura l'a-il sur Valère. » Et , pour savoir cjuel vent souffle de ce côté , Je suis chargé d'entrer dans son intimité.
Bon ! mon père toujours met les choses au pire. Au point où nous \ oilà , (jui veux-tu cpii conspire ?
— Ce n'est pas le sénat. Ce vieillard impuissant Est purgé des humeurs qui lui chauffaient le sang; Il comprend , aujourd'hui ([u'il i-st devenu sage, Que la tranquillité convient à son grand âge ,
Et comme incessamment de ce corps tout cassé Tombe quelque débris qui n'est pas remplace , Les membres s'en allant ruine par ruine , Tout doucement bientôt s'étointira la machine.
— Quant au peuple , il se I)at ou construit des égouts , Et ne s'occupe pas de ce qu'on fait chez nous.